Fake news et Coronavirus : Quelles conséquences ?

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Info ou intox ? Difficile, parfois, de faire le tri. Aujourd’hui les médias de qualité rivalisent avec des sites de désinformation grossière, met en danger les démocraties et le modèle économique de « l’info d’origine contrôlée ». Faits erronés, hoax ou fake news mensongères, rumeurs, accusations à tort voire théorie du complot … Face à l’essor de la désinformation et de la manipulation politique, portée par les réseaux sociaux, la pratique de la vérification des informations dite fact checking s’est généralisée. Alors que Facebook et Google tentent de lutter contre cette désinformation, au Gabon la lutte contre la propagation de telles “intox” devient une pratique journalistique courante.

Entre rumeur, canular, propagande, théorie du complot, faits alternatifs, ou simple faute, le mot « fake news » est souvent galvaudé. Cet usage polymorphe du concept tend parfois à en minimiser la portée. Dans le discours politique, le terme « fake news » est souvent utilisé pour désigner ce qui est davantage interprété comme une « false news », soit une fausse nouvelle. « Fake », en anglais, renvoie plutôt à l’adjectif « truqué ». Une « fake news » désigne donc une information délibérément fausse diffusée dans le but de manipuler l’opinion publique et de déstabiliser une institution, un Etat ou un processus démocratique.

Parce que les « fake news » ont la couleur de l’information. Mais ce n’est pas de l’information. Elles en utilisent les codes journalistiques, néanmoins réduits à un titre choc accompagné d’une image. L’efficacité de ces « pièges à clics » est redoutable. Soutenues par des algorithmes puissants, qui permettent de cibler finement leur diffusion, les « fake news » puisent leur haut potentiel viral dans la crédulité des internautes, enclins à partager des contenus émotionnels, renforçant leurs croyances.

Les vaccins hier, le coronavirus aujourd’hui. La lutte contre la pandémie numérique est déclarée. Depuis plusieurs semaines, une autre bataille se joue dans la lutte contre le coronavirus, maintenant nommé Covid-19. Celle contre les rumeurs, les fake news (fausses informations), les théories du complot. Incroyable comme l’imagination des internautes est prolifique. Florilège : “Jeunesse-Patriotique-Gabonaise : Coronavirus au Gabon l’Etat gabonais cache l’information en mentant aux Gabonais. C’est l’ambassadeur de France au Gabon Philippe Autier qui a réuni les responsables du Camp De Gaulle et ceux des grands groupes commerciaux et scolaire pour annoncer la présence du COVID-19…”.

Il est beaucoup moins coûteux de produire des contenus sensationnalistes par centaines que de produire des informations vérifiées et approfondies, soutiennent les éditeurs. Les « fake news » contribuent également au financement de Facebook ou Twitter, qui valorisent ces « pièges à clics » gratuits, en captant une part non négligeable des revenus publicitaires. Et ce, au détriment, de la presse de qualité, dont le modèle d’affaires évolue, lui, vers l’abonnement payant. La désinformation, insistent les éditeurs, tend donc à fragiliser le modèle de « l’info d’origine contrôlée ».

Comment comprendre le succès d’une rumeur aussi facile à démentir ? La tentation est grande de blâmer les réseaux sociaux et, plus largement, le monde de « post-vérité » dans ­lequel nous serions, dit-on, entrés. C’est le refrain de l’époque : toutes les opinions se valent, Internet propage les ­rumeurs les plus folles, l’esprit critique a disparu et les infox se répandent comme des traînées de poudre. Pourtant, la propagation de fausses nouvelles n’a rien d’une nouveauté, surtout en période de crises sociales et politiques.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) évoque une « infodémie » aussi galopante et dangereuse que le virus lui-même. La semaine dernière, Facebook a assuré qu’il ferait la chasse aux publicités de produits se présentant faussement comme protecteurs face au virus. « Les producteurs de ces fake en santé savent jouer sur les codes afin d’envahir les réseaux sociaux. Une blouse blanche, quelques noms en latin, une étude en anglais à brandir comme preuve, une musique entêtante et angoissante, et voilà de quoi faire croire n’importe quoi. »

Parce que l’être humain a, aussi, horreur du vide, quand le sens et les explications n’arrivent pas assez vite, l’émotion prend le dessus sur la raison et cela dans toutes les catégories socio-professionnelles et quel que soit le niveau d’éducation. L’incertitude et les zones de gris, propres au temps de la recherche médicale, angoissent. Alors quand on cherche à combler le doute, Internet offre rapidement de quoi nourrir cette faim du pourquoi. Et ce, grâce aux algorithmes, très actifs sur la sphère du fake. « Les neurosciences l’ont montré, nos cerveaux sont aux prises avec le biais de confirmation. Quand on veut une réponse, on a tendance à chercher celle qui va conforter notre intuition, notre peur. » Et c’est particulièrement vrai sur les réseaux où l’effet de communauté est puissant, comme Facebook, Instagram et Twitter. Ces réseaux ont d’ailleurs renforcé leurs politiques existantes, qui consistent à retirer les contenus pouvant nuire physiquement au public, des publicités pour des faux remèdes dangereux, par exemple, et à mettre en avant les messages fiables (comme ceux de l’OMS).

Quand le besoin d’infos presse, les professionnels de santé le répètent, les sources sûres à consulter en priorité sont celles du site du ministère de la Santé, ou encore le numéro vert gratuit 1410, les pages de l’OMS.

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