Du Gang des doyens politiques à la légion étrangère puis des Bla Boys à la Young Team, bientôt la mafia des treillis? Par Youmou Potta

Tous les grands théoriciens de la pensée politique sont unanimes : en politique un ami est un potentiel bourreau. Machiavel, le plus réaliste des penseurs de la conquête et de la conservation du pouvoir résume à la perfection les intrigues du pouvoir : en politique, l’argent accélère  les complots. La loyauté est une illusion. Tout est apparence et stratégie. Alors le Prince doit se méfier en permanence de tout le monde sans exception, même de sa propre femme et de ses enfants. La chute d’Ali Bongo en est la parfaite illustration.

Au Gabon, c’est au premier lever du soleil des indépendances qu’Albert Bernard Bongo va utiliser des stratagèmes complexes pour conquérir le pouvoir suprême et remplacer à la hâte Léon Mba. Une fois sur le trône, il va procéder à l’élimination des potentiels concurrents et créer une caste de Doyens Politiques mafieux et de laquais véreux au sein de la famille qui vont s’entre-déchirer voire s’éliminer. Pendant une quarantaine d’années, des synergies de gangsters politiques et fraudeurs financiers vont se relayer au sommet de la hiérarchie du pouvoir.

Les quatorze années du règne d’Ali Bongo Ondimba, en outre, ont été marquées par trois groupes d’individus ignobles à qui il va confier les passe-partout de la République.

En effet, à l’image de la Cosa Nostra Sicilienne,  la ‘Ndrangheta Calabraise, la Camorra Napolitaine, la Sacra Corona Unita, la Mafia Américaine, les Triades Chinoises, les Yakuza Japonais, la Mafia Turque, la Mafia Corse et la Ligue Libanaise, c’est d’abord la Légion Etrangère du gourou Maixent Accrombessi qui va inonder le pays de la crasse humaine et siphonner impunément les caisses de l’état puis de se la couler douce dans son Dahomey natal.

Puis vinrent les BLA BOYS, la classe. Si sous la houlette de Brice Laccruche Alihanga le pays se remet en chantier,  les placements humains et financiers seront aussi prépondérants. La toile humaine et financière tissée par les BLA BOYS était si épaisse que la vague bleue de l’Ajev avait presque englouti les kounabélistes du PDG. La République suçotait les orteils de Brice Laccruche Alihanga. A l’image d’un Parrain, BLA était devenu le maitre du temps et des circonstances.

Enfin, craignant la surpuissance des BLA BOYS et imaginant une probable prise de pouvoir qui allait gommer le Prince Noureddin Bongo Valentin, la Régente Sylvia Bongo Ondimba va faire « décapiter » les BLA BOYS en les jetant dans les enfers de « Sans Famille » pour permettre à la YOUNG TEAM de son fils de « déféquer »  sur la République et s’accaparer des clefs du Trésor Public. Avec les Collégiens du Bord de Mer, l’Institution Président de la République va se résumer à « Papa dit… », « Le Patron a dit… ». Ce sera la période de l’excellence de la gabegie financière et la perfection de la corruption outrancière ; jusqu’à ce que le mercredi 30 août 2023, le Beret Vert, qui assurait pourtant la sécurité de ces imberbes tatoués, mette sous scellés quatorze années de gouvernance mafieuse et de gestion par procuration falsifiée.

Tout compte fait, la particularité de ce nouveau régime militaire réside dans le fait que le Souverain de la Transition et de nombreux étoilés ont traversé les fuseaux horaires d’Omar Bongo Ondimba à Ali Bongo Ondimba. C’est donc des soldats que le PDGisme  inhumain et affairiste a longtemps biberonnés. Aussi, avec l’appétit du pouvoir, les réflexes du racket routier, l’omerta martiale et la solidarité des baïonnettes, ne va-t-on pas assister à l’implémentation d’une mafia militaire qui à son tour va déshydrater les finances publiques à travers des relais opaques ? Accordons leur cinq ans de transition, croisons les doigts et observons.
Youmou Potta.

Paul Essonne

Journaliste

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