De quelle légitimité peuvent se revendiquer les magistrats ?

Alors que tout le monde dénonce la corruption des magistrats et leur partialité, la résolution phare de leur conclave de cinq jours recommande que les membres du pouvoir législatif et exécutif ne prennent plus part au conseil supérieur de la magistrature (CSM), ce qui pose le problème de leur  » pouvoir ».

Selon nous, il s’agit d’une question complexe qui peut susciter différents débats et opinions. Pour ce débat, il faut considérer quelques points dont celui de la fameuse séparation des pouvoirs.

La séparation des pouvoirs est un principe fondamental de la démocratie, autrement dit, si le peuple accepte ce principe dans la Constitution, le judiciaire peut se considérer comme un pouvoir tout comme le pouvoir exécutif et  législatif, les trois devant être indépendants les uns des autres pour éviter les abus de pouvoir. Ainsi, certains soutiennent que les membres législatifs ne devraient pas participer au Conseil Supérieur de la Magistrature afin de préserver cette indépendance.

Il y a ensuite le fait que les membres législatifs sont élus par le peuple souverain pour les représenter et défendre leurs intérêts, leur participation au CSM est nécessaire pour garantir une représentativité et une prise en compte des attentes et préoccupations du peuple dans la nomination et la supervision des magistrats.

Les membres législatifs peuvent apporter une expertise et une connaissance approfondie des problématiques législatives et politiques au sein du CSM. Leur participation pourrait donc être bénéfique pour prendre des décisions éclairées et équilibrées.

 

Mais certains s’inquiètent des conflits d’intérêts potentiels si les membres législatifs participent au CSM, car ils pourraient être influencés par des considérations politiques ou partisanes lors de la nomination ou de la supervision des magistrats.

En fin de compte, la question de la participation des membres législatifs au CSM dépend des valeurs démocratiques, des systèmes juridiques et des contextes politiques propres à chaque pays.

Au Gabon, eu égard à la corruption à grande échelle des magistrats, le pouvoir qui leur était donné par le peuple s’étant érodé, la Restauration du corps judiciaire et notamment de son pouvoir doit être débattu lors du dialogue national, puis soumis au peuple souverain lors du référendum.
Le vrai débat est là.

Par PETIT-LAMBERT OVONO ÉVALUATEUR CERTIFIÉ INTERUNIVERSITAIRE DES POLITIQUES PUBLIQUES PRÉSIDENT DE SOGEVAL



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