« Au nom de l’intégration sociale » par Jo Dioumy Moubassango.

Si nous voulons créer une société gabonaise cohérente et fidèle à sa promesse de bien-être social pour tous, nous devons imaginer et mettre en œuvre un modèle social qui ne laisse personne au bord du chemin.

Avant toute chose, nous devons arrêter avec les politiques sociales au rabais, qui consacrent clairement la hiérarchisation des citoyens dans le même espace géographique. Les plus nantis, reconnus comme étant la classe supérieure, les émergents, vus comme la classe intermédiaire et les Gabonais économiquement faibles (GEF), traités comme le bas de gamme de nos compatriotes. C’est Martin Luther qui le disait à propos des USA:  » Si les États-Unis doivent être une Nation de première classe, elle ne peut héberger sur son sol des citoyens de seconde zone ».

Cette citation d’un homme dont la réflexion reste vivante de nos jours, pourrait s’appliquer à notre pays le Gabon. Nous devons de ce pas, rechercher le moyen d’intégrer socialement les nôtres, c’est-à-dire les Gabonaises et Gabonais. Il faut donc s’essayer à plus d’une approche, dans le but d’absorber le chômage qui frappe des milliers de nos compatriotes.

L’approche de l’intégration par le biais de l’administration publique a atteint ses limites et s’est effondrée. Les autorités gabonaises visiblement débordées, ont compris très tardivement, que ce n’était pas en faisant le plein de la Fonction publique que le problème du chômage trouverait une solution.

L’approche qui consiste à encourager les jeunes à entreprendre et à animer le secteur privé en créant des entreprises susceptibles d’absorber le chômage, est une voie. De nos jours, cette option est plus réaliste. Il faut que l’Etat gabonais poursuive ses efforts, permettant de rendre plus clairs, les contours d’un environnement des affaires incitatif. La levée ou l’allègement des barrières fiscales, voire des charges patronales et sociales trop contraignantes pour le décollage des entreprises et autres PME. Naturellement cette mesure serait limitée dans le temps (2 à 3 ans maximum).

Enfin, une intégration sociale du type AGR, c’est-à-dire « Activités Génératrices de Revenus » qui permettrait l’autonomisation et l’enrichissement de nos compatriotes. Des exemples ont prouvé que les AGR, sont une expérience à poursuivre, du fait des résultats encourageants.

Aussi, les nouvelles technologies seront-elles présentes à toutes les étapes du processus d’intégration sociale de nos compatriotes, destiné à créer une société plus inclusive et plus juste. En définitive, si chacun, de là où il se trouve, pouvait agir en ayant à l’esprit, la volonté de parachever une intégration sociale, intentionnellement rendue injuste, nous serions loin des 34,1% de nos compatriotes, qui selon la Banque Mondiale, vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 dollar (500 F CFA) par jour. Il n’en demeure pas moins que le moyen le plus sûr, d’intégrer socialement les nôtres, est de leur trouver du travail.

L’histoire du monde nous apprend aussi que le problème peut être traité à la base, en éduquant, en formant correctement, celles et ceux qui doivent être intégrés socialement. Il est tout aussi vrai que cette intégration sociale, peut s’obtenir de grandes luttes, parfois au prix de nombreux sacrifices. Au nom de l’amour que nous avons tous pour ce pays et pour nos compatriotes, j’encourage chacun à prendre ses responsabilités.

Jo Dioumy Moubassango

Paul Essonne

Journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *