Après le Covid-19 retour à l’Eglise ?

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Eglise Saint-Pierre à Libreville

La pandémie du Covid-19 a entraîné des changements très rapides, avec un impact dans tous les domaines de l’existence à l’échelle planétaire. En l’espace de quelques semaines, la vie des Églises chrétiennes dans une grande partie du monde s’est trouvée complètement bouleversée. Elles n’avaient, pour la plupart, aucune mémoire vivante de la conduite à tenir en temps de pandémie. Elles se sont rapidement adaptées : elles n’avaient de toute façon pas le choix. Elles ont suivi un mouvement, tout en essayant ensuite de trouver dans les événements des occasions de développer des approches créatives.

Suspension de messes et cultes, report des activités paroissiales, initiatives de prière, les Eglises sont toujours fermées. Mais le Christ n’est pas en quarantaine et sa Parole n’est pas enchaînée. Son cœur reste ouvert à chaque homme et à chaque femme. On peut le chercher dans les tabernacles de nos propres cœurs. Un message religieux ne passe cependant pas seulement par la parole ou par le texte.

Les responsables des communautés religieuses s’efforcent aussi de se montrer réalistes quant aux perspectives, mais aussi d’apporter des concepts concrets de mise en œuvre de la levée des restrictions. De façon assez générale, les Églises chrétiennes ont accepté en un temps très court des mesures affectant fortement la vie religieuse et ayant des conséquences pour les pratiques.

Face à des circonstances aussi peu communes et à des églises soudain vidées de leurs fidèles, il s’est agi pour les responsables religieux, mais aussi pour les croyants, de trouver un sens à ces événements inimaginables quelques mois plus tôt.

Bien que cela ait été de tout temps une composante de l’expérience religieuse, la dimension émotionnelle de la religiosité contemporaine a souvent été soulignée : elle se manifeste à travers des rassemblements de masse. De plus, sociologiquement, il est connu que se retrouver avec d’autres personnes permet de s’encourager mutuellement : l’intégration sociale dans le groupe renforce l’appartenance et la pratique.

Ainsi, à l’instar des différents secteurs d’activité dont la réouverture est retardée, les communautés chrétiennes donnent de la voix pour dire qu’elles n’aimeraient pas être les dernières à pouvoir reprendre le cours normal de leurs activités. Il y a des signes d’impatience. Beaucoup attendent la possibilité de pouvoir communier à nouveau, de pouvoir demander le baptême… Ne pas être en mesure d’exercer sa foi laisse des séquelles.

Dans la reprise des liens sociaux, tout ne peut pas être résumé sur un prisme économique. Sur un plan matériel, nous ignorons les conséquences de cette crise pour les finances des Églises et des groupes religieux en général.

L’après-confinement ne restera pas sans conséquences pour la vie communautaire de façon très concrète. Il faudra aussi tenir compte d’une dimension nouvelle : vu le rôle de certaines réunions religieuses comme super-propagatrices du Covid-19, les religions vont se retrouver immédiatement perçues comme de potentiels facteurs de risque quand se reproduiront des situations analogues.

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