Affaire NZOUBA NDAMA : « Aujourd’hui c’est Guy NZOUBA NDAMA, qui peut nous dire à qui sera le tour demain » dixit Stéphane Germain Iloko Boussengui.

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Stéphane Germain Iloko Boussengui

Je pense très modestement, qu’en regardant les choses avec lucidité et circonspection, tout Gabonais normalement constitué, épris de paix et de justice, doit condamner sévèrement ce qui est arrivé à Guy NZOUBA NDAMA (GNN), le samedi 17 septembre 2022 au poste de contrôle de Kabala dans le Haut-Ogooué.

En regardant attentivement les vidéos postées sur la toile, provenant selon toute vraisemblance de Kabala, ville frontalière située entre deux pays frères (le Gabon et le Congo Brazzaville), montrant des hommes en uniformes et d’autres surexcités, à la limite de l’hystérie et sans la moindre retenue, demandant à l’un des leurs de défoncer à l’aide d’une clé à roue les valises disposées à l’arrière d’un pick-up contenant des billets de banque soigneusement rangés, attribués à l’ancien Président de l’Assemblée nationale du Gabon (Guy Nzouba Ndama), dont le visage et le dos de la main droite portaient des stigmates de violence, comme le témoigne les pansements, ont heurté ma conscience de citoyen et d’homme respectueux de certains principes.

Ce manque d’éthique, de professionnalisme et d’humanisme de nos forces de l’ordre porte gravement atteinte, d’une certaine manière, aux fondements de l’État de droit démocratique dont se réclame notre pays le Gabon.

Aujourd’hui c’est Guy NZOUBA NDAMA, qui peut nous dire à qui sera le tour demain.

Je condamne avec la dernière énergie cet excès de zèle dégradant, déshumanisant et donc inutile des agents qui, une fois de plus, ont manqué à leur serment en outrepassant les principes et règles élémentaires de leurs nobles professions.

Délibérément, ils ont choisi de marcher sur l’honneur et la dignité d’un vieil homme de 76 ans, un père de famille, à qui notre Constitution garantit, comme à tout autre citoyen, l’égalité devant la loi, le respect de sa dignité et son honneur .

Il ne faudrait pas donner à un acte de droit commun une connotation politique, ce ne serait qu’une maladroite récupération et un vil raccourci.

GNN est un justiciable comme n’importe quel autre Gabonais, même s’il est de l’opposition. Il doit répondre de ce qui lui est reproché dans le strict respect de sa personne et de sa dignité.

La loi doit s’appliquer, sans parti pris, dans toute sa rigueur.

GNN a transporté d’importantes sommes d’argent d’un pays voisin pour le Gabon, que dit la loi en pareille circonstance ?

C’est en répondant à cette question qu’on devrait juger le présumé prévenu. Évitons les délits de faciès ou de patronyme.

Profiter d’une question purement privée pour en faire un problème d’État n’est plus ni moins qu’une opération visant à détourner les Gabonais des vraies questions (La vie chère, la rentrée scolaire, le chômage, la route, la santé, la retraite …) auxquelles ils n’ont pas de réponses appropriées.

L’histoire qui, désormais, portera le nom de Kabala, nous ramène à l’exigence pour notre pays d’avoir des cadres bien formés et compétents qui ne versent pas dans le spectacle et le sensationnel.

Chacun de nous doit comprendre la nécessité d’avoir à chaque niveau de notre administration, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, c’est-à-dire des hommes et des femmes bien formés, parfaitement rompus à la tâche et maîtrisant les lois et règlements en vigueur dans notre beau pays.

Le Gabon n’a pas besoin de psychodrames aux conséquences imprévisibles. Nos enfants nous regardent, nos voisins aussi.

Stéphane Germain Iloko Boussengui

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