« À quoi joue BARRO CHAMBRIER ? » s’interroge Michel-Philippe NZE.

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Michel-Philippe NZE, Secrétaire Général Adjoint 2 du PDG chargé de la Communication

Je voudrais m’appesantir un moment sur les récents propos du leader du Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) M. Alexandre BARRO CHAMBRIER qui a déclaré qu’en cas de fraude lors de la prochaine élection présidentielle de 2023, ”nous allons faire ce qui n’a jamais été fait au Gabon”. 

A moins qu’il ne précise a posteriori ces mots qu’il a prononcé devant un auditoire de partisans au cours de son séjour dans le Moyen-Ogoué, Alexandre BARRO CHAMBRIER ne peut prétendre qu’il ne s’agit pas d’une menace extrêmement grave. Le moins qu’on puisse en dire c’est qu’en dépit du fait qu’il a pu vouloir jouer les durs à cuire devant son public, ces propos sont suffisamment graves pour que l’intéressé les clarifie s’il ne veut laisser chacun y aller de sa propre interprétation. On peut ainsi dire qu’il se prépare à semer la mort et la désolation dans le pays au cas où les résultats électoraux ne seraient pas en sa faveur.

D’où lui vient cette attitude belliqueuse et incendiaire qu’on ne lui connaissait pas il y a encore quelques années ? Sait-il au moins qu’en s’exprimant de la sorte à seulement quelques mois des prochaines élections, il pourrait être tenu responsable des troubles qu’occasionneraient ses partisans même s’il a tenu ces propos plusieurs mois à l’avance?

En tous cas, l’homme semble avoir obtenu des assurances de la part de soutiens puissants, qu’il sera soutenu, même militairement, au moment de la proclamation des résultats de l’élection. Possible qu’on lui ait garanti des hommes en infiltration au Gabon pour parer à toute éventualité.

Lorsqu’on connait les alliances matrimoniales de l’intéressé, on comprend aisément ses nouvelles postures guerrières. En effet, on ne peut que mettre en parallèle ses dernières sorties tonitruantes avec ses accointances familiales extérieures. Mais a-t-il seulement pensé un instant à ce que penseraient les Gabonais d’un candidat soutenu par l’étranger ? Quelle garantie que ce candidat, président devenu dans l’éventualité d’une victoire, servirait exclusivement les intérêts du Gabon et non ceux d’intérêts étrangers ? Ou, pire, qu’il agirait conformément à un agenda défini à l’extérieur du pays ?

En effet, dans ce type d’affaires, des engagements réciproques formels et solennels sont pris et doivent être respectés scrupuleusement sous peine de représailles. Ce sont des gages selon lesquels, l’intéressé renverra l’ascenseur une fois aux commandes du pays.

Le Gabon mérite-t-il d’être l’objet d’un marchandage dont il ignore les termes? Non, bien sûr.

Le Gabon aux Gabonais à jamais !

Il ne saurait être question de céder une parcelle du territoire national ni placer ses intérêts supérieurs au second plan après ceux d’un pays tiers ou d’intérêts personnels obscurs.

Or, à bien y regarder, il est certain que lors de la prochaine élection présidentielle dans notre pays, un certain nombre de candidats seront des candidats de l’étranger. C’est-à-dire qu’ils seront financés par des intérêts étrangers qui ne manqueront pas, une fois leur poulain parvenu au pouvoir, de demander leur dû sous différentes formes. En 2016, nous avons eu un candidat de la Côte-d’Ivoire tandis que d’autres se revendiquaient du soutien de “têtes couronnées” de pays limitrophes du Gabon. Il est quasi-certain que cette pratique va se reproduire cette fois encore si les pouvoirs publics ne veillent pas au grain.

Que dire de la stupéfiante arrestation de Guy NZOUBA NDAMA samedi après-midi à la frontière avec le Congo d’où il revenait en possession de plusieurs malles remplis de plus d’un milliards de CFA? Sans grande prétention, on peut dire que ce fait vient illustrer de belle manière mon propos.

Il faut rappeler avec vigueur que des dispositions légales interdisent aux candidats à toutes les élections nationales au Gabon de bénéficier de financements étrangers sous peine de disqualification et de poursuites judiciaires pour trahison. De toutes ces élections, la présidentielle est celle à propos de laquelle les pouvoirs publics devraient être particulièrement regardant. Parce que l’homme qui en sort victorieux détient un pouvoir immense sur la vie et l’avenir des Gabonais. En aucun cas, ce dernier ne doit être lié à intérêt étranger et ne doit faire l’objet de menaces ou de chantage de la part d’une puissance étrangère à qui il rendrait des comptes par rapport à son élection.

Aussi, ma présente interpellation s’adresse aussi aux Gabonais qui doivent être vigilants et attentifs à tout ce qui s’apparenterait à des alliances entre certains candidats et des intérêts étrangers. Si les présomptions l’emportent sur le doute, il faut en tirer des conclusions et barrer la route à ces candidats de l’étranger car ils seront toujours à la merci de leurs bailleurs de fonds.

À bon entendeur, salut!

Michel-Philippe NZE, Secrétaire Général Adjoint 2 du PDG chargé de la Communication.

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