Pour tous ceux qui se demandaient encore qui dirige le Gabon, le dernier conseil des ministres qui s’est tenu le 18 décembre 2020 à Libreville au Gabon, apporte une réponse claire ! Officiellement, la France prétend, par la voix de son ministre des affaires étrangères Mr Jean Yves Le Drian, ne pas s’immiscer dans la politique intérieure du Gabon. Cependant, il y a quelques semaines, nous avons observé les entretiens individuels « masqués » de l’ambassadeur français Mr Philippe Autier avec certains membres de l’opposition à l’exception de leur chef de file Mr Ping, véritable vainqueur des élections présidentielles du 27 août 2016.
Cette sortie a été dénoncée et condamnée par Mr Augustin AKERE lors de sa déclaration du 17 décembre 2020 dans laquelle il stipulait que ces rencontres avaient pour but de demander à l’opposition d’avoir une candidature unique. De quoi se mêle Mr Autier ? Nous n’avons plus de doute que ce dernier qui a outre-passé ses prérogatives d’ambassadeur et qui est sorti de son droit de réserve diplomatique n’a pu le faire qu’avec l’aval de son supérieur hiérarchique Mr Jean Yves Le Drian et l’accord de l’Elysée. Une preuve flagrante, une preuve de plus que la République gabonaise – indépendante et souveraine – est en fait directement pilotée par la France officielle, en violation flagrante des lois internationales qui régissent la souveraineté des Etats ! Réuni peu de temps après, ce conseil des ministres orchestré de toute évidence par Paris, n’avait en réalité pour seul véritable but la modification de la Constitution gabonaise.
En effet, la France officielle et des réseaux n’a cessé depuis 2 ans d’envoyer en toute discrétion au Gabon, des spécialistes français du droit constitutionnel comme Mr Charles Debbach, pour modifier la Constitution gabonaise, avec la complicité de Mme Marie Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour (in)constitutionnelle du Gabon dont il a été le professeur. Ce projet de révision de la constitution est tout simplement inique et inacceptable tant sur le fond que sur la forme! Sur la forme : Les incapacités physiques et intellectuelles actuelles de Mr Ali Bongo ne lui permettent pas de prendre des décisions aussi importantes qu’une révision majeure de la constitution gabonaise. La période choisie pour un changement de constitution est aussi inopportune car, nous sommes dans une période transitoire ou d’intérim qui ne dit pas son nom (Mr Nourredine Bongo est depuis 5 décembre 2019, Coordonnateur Général des Affaires présidentielles). En cela l’article 116 de la constitution dit clairement que « La révision de la Constitution ne peut être entamée ou achevée, en cas d’intérim de la Présidence de la République, de recours aux pouvoirs de crise de l’article 26 ci-dessus, ou d’atteinte à l’intégrité du territoire, ainsi que pendant la période qui sépare la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du début d’un mandat présidentiel ». Sur le fond : Plusieurs articles et pas les moindre sont proposés à la modification mais la plus choquante est l’article 13 : Le nouveau projet prévoit qu’en cas de vacance de la présidence de la République ou d’empêchement définitif de son titulaire, la fonction du président de la République sera assurée par un collège composé du président du Sénat, du président de l’Assemblée nationale et du ministre de la Défense nationale. De même, en cas d’empêchement temporaire du président de la République, l’article 13a nouveau prévoit que le même collège assure l’intérim de la fonction présidentielle. Ce collège fait sans aucun doute la part belle au ministre de la défense qui devient de facto le seul détenteur du pouvoir militaire en cas de vacance du pouvoir. Rappelons que l’article 13 actuellement en cours, prévoit qu’en cas d’indisponibilité du Chef de l’Etat, l’intérim est assuré par le président du Sénat. Mais tout est fait comme si rien n’avait été prévu en cas de vacance du pouvoir. Si comme cela se murmure Mr Nourredine Bongo est pressenti pour être ministre de la défense, c’est donc une manière insolente et qui n’échappe à personne de faire apparaitre Nourredine Bongo-Valentin, dans le cercle du pouvoir, alors même que cet individu n’a jamais connu les urnes, ni aucune des fonctions électives au Gabon ! ð Si cette réforme constitutionneIle est adoptée, les législateurs gabonais doivent être conscients qu’ils consacrent dans la militarisation du pouvoir gabonais et la monarchisation au sommet de l’Etat. Cette décision est loin d’être banale pour l’avenir de notre République. Après l’article 13, la révision de l’article 78 qui stipule que le Président qui cesse son mandat ne peut être ni jugé, ni arrêté, ni recherché pour des actions commises pendant son mandat est tout simplement scandaleux et inacceptable.
Comment comprendre qu’un médecin ait une part de responsabilité face au choix d’un traitement et ses conséquences, qu’un citoyen lambda soit responsable devant la loi de toute infraction ou faute pénale non prescrite et qu’un Président la République ayant la plus haute responsabilité, ne serait pas soumis aux Juges d’exception, pourtant prévu dans la Constitution actuelle, après son mandat !? ð Les législateurs gabonais doivent savoir qu’en adoptant cet article, ils consacrent la dictature et l’impunité au sommet de l’Etat. La révision de l’article 35 est tout aussi contestable, elle redéfinit le mode de désignation des sénateurs : pour une partie, par élection au suffrage universel indirect et pour une partie, sur nomination du Président de la République. Comment un Président de la République peut-il nommer des membres d’une institution qui pourraient s’opposer à ses décisions ou le traduire devant la haute cour de justice? ð La violation de cette séparation des pouvoirs était déjà flagrante au quotidien avec l’omniprésence de l’Exécutif sur le Législatif et le Judiciaire. Si cet article est adopté, la violation de la séparation des pouvoirs sera institutionnalisée. Le Gabon sera officiellement une dictature et devra être reconnu comme telle. Les législateurs gabonais devront en répondre devant le peuple gabonais. Les articles 7 et 38 nouveaux quant à eux, visent à mieux protéger les institutions en intégrant désormais la mise en danger des sièges de ces institutions dans le champ de crime de haute trahison. Non seulement cette notion de « mise en danger des sièges des institutions » est arbitraire et subjective, elle n’a en réalité qu’un objectif : dissuader les opposants politiques et montrer un pouvoir fort qui terrorise les populations ! ð C’est du terrorisme institutionnel, du terrorisme d’Etat. Cela est d’autant plus choquant que l’article 78 (notifié plus haut) consacre une impunité totale à un Chef de l’Etat sortant.
Ce projet de révision de la constitution est un véritable coup d’Etat constitutionnel qui consacre la dictature militaire, la monarchisation du pouvoir gabonais et l’impunité au sommet de l’Etat voulues par le système mafieux France/Maroc-Bongo-Valentin-PDG. * Nous, peuple gabonais souverain et membres du New Power, disons NON à ce projet machiavélique de modification de la Constitution gabonaise que nous rejetons en bloc. Nous, peuple gabonais souverain et membres du New Power en appelons aux députés et sénateurs gabonais qui vont devoir se prononcer sur ce projet de révision constitutionnelle pour leur rappeler leur responsabilité devant l’Histoire et leur dire qu’ils ont été élus par le peuple et doivent défendre les intérêts du peuple et de la nation. Dans son article 2, le principe de la république gabonaise est : « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Nous leur demandons instamment de rejeter massivement ce projet de révision de la constitution. Nous, peuple gabonais souverain et membres du New Power, dénonçons la conspiration du réseau françafricain contre la nation gabonaise. Nous, peuple gabonais souverain et membres du New Power disons que toutes les personnes qui participeront à cette forfaiture constitutionnelle seront traduites devant une Cour spéciale de justice, pour crime de haute trahison envers la Patrie gabonaise, en collaboration avec des puissances étrangères, notamment française et marocaine ! La lutte continue et nous vaincrons !
Responsable Générale du New Power

