La récente pénurie de carburant remet au premier plan la question de la souveraineté énergétique du Gabon. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a demandé au gouvernement de préparer un programme articulé autour de la modernisation de la SOGARA, du renforcement des stocks de sécurité et des études préalables à la construction d’une nouvelle raffinerie.
La crise du carburant que vient de traverser le Gabon pourrait marquer un tournant dans la politique nationale d’approvisionnement en produits pétroliers. Réuni le 8 octobre 2026, le Conseil des ministres a mis en évidence les limites du dispositif actuel et la nécessité de renforcer les capacités nationales de production et de stockage.
Pour le président de la République, la sécurité énergétique relève de la souveraineté nationale. Le chef de l’État a ainsi demandé au gouvernement de lui présenter, lors d’un prochain Conseil des ministres, un programme reposant sur trois priorités.
La première concerne la modernisation de la Société gabonaise de raffinage (SOGARA), appelée à jouer un rôle essentiel dans le dispositif national. La deuxième porte sur le renforcement des stocks de sécurité en produits pétroliers, afin de mieux absorber les perturbations de l’approvisionnement. La troisième prévoit le lancement des études préalables à la construction d’une nouvelle raffinerie.
Ce programme devra être accompagné d’un calendrier d’exécution et d’un plan de financement réalistes. Le chef de l’État a particulièrement insisté sur l’urgence d’engager le processus devant conduire à la construction d’une nouvelle infrastructure de raffinage.
Les perturbations sur les marchés internationaux, notamment celles liées à la situation dans le détroit d’Ormuz et à la crise au Moyen-Orient, ont contribué aux tensions sur la disponibilité et les prix des produits pétroliers. Toutefois, le communiqué final souligne que ces contraintes ne suffisent pas à expliquer les vulnérabilités du système national.
En renforçant ses capacités de raffinage et ses réserves stratégiques, le Gabon chercherait ainsi à réduire son exposition aux fluctuations internationales et à mieux sécuriser son approvisionnement intérieur.
Reste désormais à traduire ces orientations en décisions opérationnelles. Le financement des infrastructures, les délais de réalisation et la capacité de l’État à mettre en œuvre les investissements annoncés seront déterminants pour apprécier la portée de cette nouvelle orientation.
La crise actuelle rappelle, en définitive, qu’un pays producteur de pétrole doit également disposer d’un dispositif suffisamment résilient pour garantir la disponibilité des produits pétroliers nécessaires à son économie.

