Un témoignage reçu par la rédaction fait état du mécontentement de plusieurs jeunes conducteurs de tricycles, communément appelés « taxis-moto », engagés dans le cadre du projet « Gabon Ong-bak ».
Lancé durant la période de la Transition sous l’impulsion du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet visait à favoriser l’autonomisation des jeunes par l’attribution de tricycles.
Dans le message adressé à la rédaction, un conducteur, qui a requis l’anonymat, explique que les bénéficiaires devaient initialement travailler pendant une période de 6 mois, au terme de laquelle le tricycle devait leur revenir.
« Ça fait déjà un an et toujours rien, nous travaillons seulement sans suite », indique le témoin. Il précise que le projet serait dirigé par une personne identifiée par les initiales « G.E.N ».
Le conducteur dénonce plusieurs manquements. Selon son témoignage :
– Aucun contrat de travail n’aurait été signé et les conducteurs ne bénéficieraient ni de la CNAMGS, ni de la CNSS.
– Une recette journalière de 10 000 FCFA serait exigée, et de 5 000 FCFA les dimanches, « sans aucune journée de repos ».
– En cas de panne, les réparations seraient à la charge du conducteur. Si le responsable du projet intervient, le montant devrait être remboursé.
– Les assurances ne seraient plus renouvelées depuis trois mois, ce qui obligerait les conducteurs à travailler « sans assurance ».
Le témoin ajoute que les tricycles devraient être garés chaque soir dans des lieux imposés, et que les frais de gardiennage resteraient également à la charge des conducteurs.
Le témoignage fait également état d’un climat jugé tendu. « La façon dont ce monsieur nous parle, c’est comme si on était des chiens ou des rats », peut-on lire. Le conducteur affirme par ailleurs que toute tentative de réclamation entraînerait le retrait du tricycle.
Une tentative d’augmentation de la recette à 15 000 FCFA par jour aurait également été évoquée, mais refusée par les conducteurs.
Les auteurs du message interpellent directement le Chef de l’État : « Nous demandons au président de la République de réaliser ce qu’il avait promis, que les motos nous reviennent ». À défaut, ils sollicitent « l’achat de nouvelles motos » afin de pouvoir rendre celles actuellement utilisées.
La rédaction a pris acte de ce témoignage. Afin de vérifier ces allégations et de permettre un traitement complet du dossier, elle invite les conducteurs concernés à se manifester et à produire des témoignages publics, si possible accompagnés de pièces justificatives.
Le droit de réponse du responsable cité et des autorités en charge du projet est par ailleurs garanti. La rédaction reste ouverte à toute réaction officielle du Ministère des Transports ou de la Présidence de la République.

