Au tribunal de première instance de Ntoum, le procureur de la République Roger Darnel Nguema Ondo a ouvert un atelier de renforcement des capacités destiné aux Officiers de Police Judiciaire sous le thème « L’Officier de Police Judiciaire et la procédure pénale ».
Organisée dans le cadre du plan d’action du parquet, l’initiative vise à consolider l’efficacité de la chaîne pénale et à améliorer la qualité des enquêtes judiciaires.
Elle bénéficie de l’appui du Fonds des Nations unies pour l’enfance, UNICEF, dans le cadre de la coopération entre l’État gabonais et les Nations unies pour la protection des droits de l’enfant.
Magistrats, OPJ et APJ du département du Komo-Mondah et de la Noya ont pris part aux travaux.
Dans son allocution, le procureur a souligné le rôle central de l’OPJ dans la procédure pénale. Premier maillon de la manifestation de la vérité judiciaire, l’officier constate les infractions, recueille les preuves et entend témoins et mis en cause.
Il a insisté sur la valeur juridique des procès-verbaux, qui fondent les poursuites et orientent les décisions des juridictions répressives.
« Toute défaillance procédurale, irrégularité d’enquête ou atteinte aux libertés fondamentales, peut fragiliser la crédibilité de l’action pénale » a t-il souligné.
Face à la criminalité organisée, aux infractions économiques et à la délinquance multiforme, Roger Darnel Nguema Ondo a plaidé pour une montée en compétence continue des enquêteurs.
La maîtrise des techniques d’enquête et des garanties légales encadrant garde à vue, auditions et perquisitions devient indispensable.
Pour le chef du parquet, professionnaliser les OPJ est autant une exigence de sécurité juridique qu’un levier d’efficacité répressive.
Le représentant de l’UNICEF au Gabon, Michel Ikamba, a salué une démarche qui vise à dépasser la gestion sectorielle des dossiers impliquant des mineurs.
L’objectif est de construire une approche système mobilisant magistrats, policiers, gendarmes, psychologues, travailleurs sociaux, chefs de quartier et autorités coutumières.
Cette coordination interinstitutionnelle doit garantir une meilleure protection judiciaire et sociale de l’enfant, conformément aux engagements internationaux du Gabon.
Le procureur a rappelé le lien prévu par le Code de procédure pénale entre le ministère public et les OPJ.
Placés sous l’autorité et le contrôle du parquet, les officiers exécutent sur le terrain les orientations de politique pénale définies au niveau central.
Présentée comme une relation de coopération et non de méfiance hiérarchique, cette articulation vise à assurer une réponse pénale cohérente, respectueuse des droits de la défense et conforme à la légalité procédurale.
À travers cet atelier, le parquet de Ntoum entend renforcer la culture juridique des services d’enquête et promouvoir une administration pénale fondée sur la compétence, la rigueur et la protection des libertés individuelles.
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