Sous les tropiques, la modernité arrive souvent tambour battant… mais repart parfois sur la pointe des pieds, lestée de questions sans réponses. Voici venu le permis de conduire numérique au Gabon, brandi comme un symbole de progrès, une vitrine technologique censée propulser l’administration dans le XXIᵉ siècle. Convenons-en. Mais derrière l’écran lumineux, une ombre persiste : celle du circuit de paiement.
Au-delà de l’effet d’annonce, une interrogation supplémentaire affleure et mérite d’être posée sans détour : ce permis numérique sonnera-t-il enfin la fin des dérives observées dans l’obtention de ce précieux document ? Mettra-t-il un terme à ces pratiques bien connues consistant à décrocher un permis sans passer réellement par l’auto-école, sans formation rigoureuse, sans maîtrise du code et de la conduite ? Permettra-t-il, grâce à la traçabilité annoncée, de détecter et d’éliminer les « vrais faux » permis qui circulent encore trop librement sur nos routes ? Autant de promesses implicites qui accompagnent cette réforme, mais qui, pour l’heure, attendent d’être concrètement démontrées.
En effet, qui ne s’interroge pas, sans malice mais avec discernement, sur ce curieux paradoxe ? Pour la carte grise, le citoyen s’acquitte de ses frais au Trésor public, temple républicain de la collecte des deniers de l’État.
En revanche, pour ce fameux permis numérique, le paiement transite par les réseaux mobiles (airtel money). Une commodité, dira-t-on. Une innovation, ajoutera-t-on. Soit. Mais à quel prix pour la transparence ?
Et comme pour mieux envelopper cette réforme d’un vernis officiel, le directeur général des transports terrestres est apparu, concentré, sur le 20h de la télévision nationale Gabon 1ère, lisant d’un ton appliqué un communiqué fixant les modalités à remplir. Pourtant, un détail n’a pas échappé à l’oreille attentive des téléspectateurs : son accent, sensiblement différent de celui des Gabonais, a ajouté à l’étrangeté de l’instant. Comme si, au-delà des mots, une distance s’installait, distance entre le discours administratif et la réalité vécue par les citoyens.
Car enfin, une question simple, presque naïve, surgit : où va cet argent ? Et surtout, par quels chemins y parvient-il ? Le peuple gabonais, que l’on dit parfois distrait mais rarement dupe, mérite mieux que des silences techniques ou des réponses évasives. Il mérite des explications claires, accessibles, et surtout vérifiables.
Certes, il serait injuste de nier que cette opération, lancée à grand renfort de communication, engendre des coûts réels : conception, logistique, sécurisation des données… autant de charges qui justifieraient une partie des recettes. Néanmoins, la logique républicaine, elle, exige davantage qu’un simple équilibre comptable. Elle impose que toute ressource issue des citoyens transite par des canaux réguliers, traçables, et qu’une part significative alimente les caisses publiques, ces mêmes caisses que l’on dit aujourd’hui en quête d’oxygène.
Par conséquent, confier la collecte de ces fonds à un opérateur privé revient à ouvrir une brèche dans la muraille déjà fragile de la confiance publique. Et dans cette brèche s’engouffrent les soupçons, les murmures, puis les clameurs. Car dans l’esprit collectif, une évidence s’impose : l’argent public ne saurait emprunter des raccourcis privés sans éveiller des interrogations légitimes.
La 5ᵉ République, qui se veut exemplaire dans la gestion des deniers de l’État, ne peut se permettre le luxe de l’ambiguïté. Elle doit, au contraire, ériger la transparence en règle absolue, et non en option circonstancielle. À défaut, le numérique, loin d’incarner le progrès, deviendrait le masque moderne d’anciennes pratiques que l’on croyait révolues.
Au demeurant, le véritable enjeu n’est pas le permis numérique en lui-même. Il réside dans la confiance. Or, celle-ci ne se décrète pas à coups d’annonces spectaculaires ; elle se construit patiemment, à travers des mécanismes clairs, des circuits irréprochables et une reddition des comptes sans faille. Elle suppose aussi que les promesses de moralisation ,fin des passe-droits, traque des faux permis, restauration de l’exigence ,ne restent pas de simples slogans, mais deviennent des réalités tangibles.
À trop vouloir aller vite, on oublie parfois l’essentiel : dans une République digne de ce nom, chaque franc perçu doit pouvoir être suivi à la trace. Sans cela, le progrès n’est qu’un mirage… et la modernité, une illusion bien connectée.
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