Santé: Jusqu’à quand allons-nous payer pour mourir? Par Papa Koumba Mboula

Jeudi 7 août 2026,  dernier à Tchibanga, un jeune fait un AVC.  Il s’appelle MOUSSOUNDA MOUSSOUNGOU ALAIN, dit « SOUDAS ». Hier, faute de plateau technique, faute de prise en charge adaptée, on l’évacue sur Libreville. Ce matin là, au CHUL, il rend l’âme.

Entre-temps, les parents se sont décarcassés. Ils ont cotisé, cherché, emprunté. Pour payer l’ambulance. Presque pour rien.  Aujourd’hui, ils ne paient plus les soins. Ils préparent les obsèques.

La communauté nynoise s’incline. Nous rendons hommage à « SOUDAS ». Un fils, un frère, un ami arraché trop tôt. Il est une victime de plus. Une victime de trop.

Une urgence qui n’attend pas
Un AVC, ça ne négocie pas. Ça se prend en charge dans l’heure. Scanner, neurologue, soins intensifs.  À Tchibanga, il n’y avait pas. À plus de 600 km de Libreville, le temps a fait le reste.  On a évacué par défaut. Pas par choix médical. Par absence.

Et dans ce pays, évacuer coûte cher. Très cher. L’ambulance, le carburant, l’accompagnant. Les familles cotisent. Elles s’endettent. Pour arriver trop tard.

Le 21ᵉ siècle nous regarde encore
Comment expliquer qu’en 2026, une capitale provinciale n’ait pas le minimum pour stabiliser un AVC ?  Comment justifier que la vie d’un Gabonais dépende de son code postal ?  Tchibanga, Franceville, Oyem, Port-Gentil, Koulamoutou… Partout c’est le même constat : des hôpitaux sans réa, sans imagerie qui marche, sans spécialistes.

On parle de mérite dans la fonction publique, de digitalisation, d’émergence. Mais à quoi sert tout cela si on meurt faute de soins élémentaires ?

Même la Libye de Kadhafi, avec un seul produit, le pétrole et le gaz, avait fait le choix de la gratuité de l’eau et de l’électricité pour soulager ses populations. Nous, pays riche, nous demandons encore aux familles de payer l’ambulance pour conduire leurs morts.

CONCLUSION
Il est urgent de revoir impérativement notre système de santé.
Urgent de doter chaque chef-lieu de province d’un plateau technique de base qui fonctionne : scanner, réanimation, laboratoire, banque de sang.
Urgent de former, de retenir les médecins, de digitaliser les dossiers pour ne plus perdre de temps.
Urgent d’arrêter de faire payer aux familles le prix de nos carences.

« SOUDAS » ne reviendra pas. Mais les prochains peuvent être sauvés.
À condition de décider que la santé n’est pas une dépense. C’est un investissement. C’est une question de dignité.

Les Gabonais ne demandent pas le luxe. Ils demandent à être soignés chez eux, à temps, et sans se ruiner.

C’est le minimum pour une République qui se respecte.
Et c’est le moindre hommage que nous devons à MOUSSOUNDA MOUSSOUNGOU ALAIN.




Assistant Edu Gabon

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