Report des Jeux Olympiques de Tokyo.

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La nouvelle est enfin tombée. Après des semaines d’incertitude, le Comité international olympique (CIO) a annoncé officiellement ce mardi 24 mars le report des Jeux olympiques (JO) de Tokyo prévus initialement du 24 juillet au 9 août 2020, en raison de la pandémie de coronavirus. Si les nouvelles dates ne sont pas encore fixées, les JO devraient se dérouler l’an prochain, au plus tard à l’été 2021. Les nouvelles dates des Jeux seraient discutées par la Commission de coordination et le Comité d’organisation.

En effet, dans les circonstances actuelles et sur la base des informations fournies par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le président du CIO Thomas Bach, le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont conclu que les Jeux olympiques de Tokyo devaient être reprogrammés après 2020 et au plus tard à l’été 2021, afin de sauvegarder la santé des sportifs et tous ceux impliqués dans les JO ainsi que la communauté internationale.

Cette décision du CIO semblait inévitable dans le contexte inédit de pandémie de coronavirus et à la suite des demandes de report grandissantes de la part de nombreux athlètes et de plusieurs comités olympiques nationaux. Depuis la première édition en 1896, il s’agit du premier report des Jeux olympiques de l’ère moderne en temps de paix. Auparavant seuls les deux conflits mondiaux du XXe siècle avaient entraîné le report technique puis l’annulation d’olympiades. En 1940, notamment, c’était déjà à Tokyo que les XIIe Jeux olympiques étaient prévus avant d’être cette fois annulés à cause de la Deuxième Guerre mondiale.

Ce report étant donc inéluctable, s’y résoudre constitue un geste fort de la part du Japon, qui avait bouclé les préparatifs de l’événement et pour qui ce report entraînera de sévères conséquences économiques.

Schématiquement, on peut se dire que cet ajournement va faire trois grands types de perdants. Le premier, c’est le Japon et Tokyo, qui devaient accueillir les Jeux fin juillet. Le second, c’est le mouvement sportif, les fédérations et les athlètes. Les derniers sont les télévisions, qui devaient couvrir les JO, qui sont après la Coupe du Monde de football l’un des plus grands spectacles de la planète. Mais en fin de compte, le plus grand perdant, c’est le sport. Les Jeux olympiques ont deux caractéristiques majeures.

D’abord, cet événement ne se tient que tous les 4 ans. Ensuite, ce rendez-vous planétaire met en avant des sports inconnus du grand public. Les disciplines comme l’athlétisme, le judo, le cyclisme sur piste, la gymnastique, ne vivent leur heure de gloire que pendant les JO et là, elles vont rester dans l’ombre une année de plus. C’est catastrophique pour plein de sportifs, qui sans les Jeux vont manquer de moyens. S’ils ne brillent pas, ils ne vont pas séduire de sponsors, qui payent déjà moins que pour le foot, le tennis ou la F1.

Pour de nombreuses fédérations nationales, ce report implique l’obligation de vivre une année de plus à l’arrière-plan. Pour les chaînes de télévision et le pays organisateur, cela est en revanche gérable. Un report est toujours mieux qu’une annulation. Pour le secteur audiovisuel, il va falloir trouver des programmes de remplacement. Si cela est compliqué, ce n’est pas impossible. Même si les Jeux sont un moyen de rajeunir l’audience, le bilan économique de la couverture d’un tel événement n’est pas toujours génial.

Les droits sont coûteux et comme il y a du décalage horaire et que les sportifs nationaux ne brillent pas toujours, les recettes sont incertaines. Pour le Japon, le report est un casse-tête, parce que les chambres d’hôtels étaient louées et que les maisons du village olympique étaient déjà vendues. Mais à l’échelle d’un pays comme le Japon, ils vont pouvoir encaisser le choc et se dire qu’ils vont avoir une année de plus pour être complètement prêts.

Malgré tout, les conséquences financières ne sont pas la priorité, il s’agit de protéger des vies, comme le souligne le président du CIO, Thomas Bach.

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