Octobre Rose: « le cancer n’est pas un problème de femmes, mais un problème de Gabonais et de Gabonaises»

Lisa-Marie Bongotha, directrice de la communication et de la digitalisation de CECA-GADIS, revient sur la campagne de dépistage gratuit organisée en partenariat avec le Centre de diagnostic à Libreville et à Port-Gentil. Après trois années de collaboration consacrées notamment à la sensibilisation, l’entreprise franchit une nouvelle étape en proposant le dépistage à ses collaboratrices. Elle explique les objectifs de cette initiative, les garanties de confidentialité et les perspectives d’extension du dispositif.

Question : CECA-GADIS organise cette année une campagne de dépistage gratuit en partenariat avec le Centre de diagnostic. Comment est né ce partenariat ?

Lisa-Marie Bongotha : Notre partenariat avec le Centre de diagnostic dure depuis trois ans. Nous avons d’abord mené des campagnes de sensibilisation et, cette année, nous avons décidé de franchir une nouvelle étape en passant au dépistage. Pour nous, il est important de pouvoir identifier les besoins au plus près des personnes afin de mieux les accompagner. Il nous a donc semblé logique de commencer par la santé de nos propres collaboratrices, afin qu’elles puissent continuer à servir nos clients dans les meilleures conditions.

Question : Pourquoi avoir choisi de proposer le dépistage à vos collaboratrices ?
Lisa-Marie Bongotha : La santé de nos collaboratrices est très importante pour nous. Le dépistage est un sujet sensible, qui peut susciter des inquiétudes et des appréhensions. Nous voulons donc les accompagner dans cette démarche en leur garantissant les meilleures conditions d’accueil. Le choix du Centre de diagnostic repose notamment sur les valeurs que nous partageons, en particulier le respect de la réglementation, de la dignité des personnes et de la confidentialité des résultats médicaux.

Question : Combien de femmes sont concernées par cette campagne et quelles sont les localités retenues ?
Lisa-Marie Bongotha : Nous avons prévu de déployer cette campagne sur cinq jours à Libreville et à Port-Gentil. Au total, 607 femmes sont concernées par cette initiative dans les deux villes. Pour nous, il s’agit également d’une phase d’expérimentation qui nous permettra d’évaluer ce qui fonctionne, d’identifier les éventuelles difficultés et de déterminer comment nous pourrons étendre le dépistage à d’autres localités du pays.

Question : Comment garantissez-vous la confidentialité des résultats médicaux des collaboratrices dépistées ?
Lisa-Marie Bongotha : C’est un point essentiel de notre démarche. Nous tenons absolument à respecter l’intimité de nos collaboratrices et collaborateurs. Tout ce qui relève du médical reste dans le cadre médical. La CECA-GADIS n’a accès à aucune information concernant le dossier médical des personnes dépistées. C’est le Centre de diagnostic qui assure la prise en charge médicale et qui détermine, si nécessaire, les suites à donner. La confidentialité est donc au cœur de ce dispositif.

Question : Certaines femmes hésitent encore à se faire dépister, notamment par peur des résultats. Quel message leur adressez-vous ?
Lisa-Marie Bongotha : Je voudrais d’abord leur dire que leurs craintes sont légitimes. Nous comprenons que le dépistage puisse susciter des peurs et des interrogations. C’est justement pour cette raison que nous avons choisi de nous faire accompagner par un partenaire médical solide et de confiance. Mais il faut aussi comprendre que plus tôt on connaît son état de santé, plus rapidement on peut envisager une prise en charge adaptée. Nous encourageons donc nos collaboratrices à profiter de cette campagne et à ne pas laisser la peur les éloigner de la prévention.

Question : Cette campagne pourrait-elle être étendue à d’autres villes du Gabon ?
Lisa-Marie Bongotha : C’est effectivement une perspective que nous envisageons. Cette première expérience à Libreville et à Port-Gentil va nous permettre d’évaluer notre capacité à déployer le dispositif dans d’autres localités. Nous voulons tirer les enseignements de cette campagne, comprendre les besoins et identifier les améliorations nécessaires avant d’envisager une extension.

Question : Quel rôle les hommes peuvent-ils jouer dans la lutte contre les cancers féminins ?
Lisa-Marie Bongotha : Les hommes ont un rôle très important à jouer. Ils doivent encourager les femmes de leur entourage à se faire dépister. Le cancer n’est pas un problème de femmes, c’est un problème de Gabonais et de Gabonaises. Lorsqu’une femme est malade, ce sont aussi sa famille, ses enfants, ses sœurs, ses frères et ses proches qui sont touchés. Il est donc essentiel que chacun se sente concerné et participe à la sensibilisation.

Question : Après Octobre Rose, quelles sont les prochaines initiatives envisagées par CECA-GADIS ?
Lisa-Marie Bongotha : Après Octobre Rose, nous nous préparons à Novembre Bleu. Nous voulons également sensibiliser les hommes aux questions de santé et les encourager à prendre soin d’eux. Pour nous, la prévention ne doit pas se limiter à une seule période de l’année. Elle doit s’inscrire dans une démarche durable, avec une mobilisation de tous.

Question : Quel est votre dernier mot à l’endroit des collaboratrices et des familles gabonaises ?
Lisa-Marie Bongotha : J’invite nos collaboratrices à dépasser leurs appréhensions et à profiter de cette opportunité de dépistage gratuit, dans le respect de leur intimité et de la confidentialité de leurs résultats. J’invite également les hommes à accompagner et à soutenir les femmes de leur entourage. La santé est une responsabilité collective. Plus nous serons nombreux à nous mobiliser pour la prévention, plus nous contribuerons à faire progresser la lutte contre le cancer au Gabon.





Assistant Edu Gabon

Paul Essonne

Journaliste

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