Le projet de loi fixant l’élimination des violences faites aux femmes dans l’article 47 de la Constitution gabonaise a été adopté le 23 mars 2021, en Conseil des Ministres.
Né d’une volonté d’objectiver le propos sur la place des femmes dans la société gabonaise, l’Observatoire permettra de mesurer les progrès réalisés pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, mais aussi de mesurer les inégalités et d’identifier les freins qui persistent. Parce que la lutte pour l’égalité des droits passe par la connaissance de la réalité et la reconnaissance des situations discriminantes, l’Observatoire sera un rendez-vous important dans le fondement d’une société gabonaise plus juste. Ainsi, l’Observatoire devra proposer des mesures concrètes à mettre en œuvre et mettre à disposition l’ensemble des travaux produits par ses instances dans un rapport remis chaque année au ministre chargé.
Innombrables sont les observatoires, au point qu’il semble y avoir là un certain effet de mode, mais leur multiplication montre aussi leur pertinence. Les observatoires ou, du moins, les observatoires sociaux émanent de la nécessité de tensions à circonscrire, de problèmes à résoudre. Cet observatoire des droits de la femme ne serait pas, comme dans le cas de certains organismes, un simple conseiller du Ministère des Affaires Sociales et des Droits de la femme, bien qu’il puisse y être indirectement rattaché. Avant toute chose, il remplirait les fonctions dévolues à ce type d’organisation : espace de documentation ; prises de position publiques ; défense des droits de la femme ; recherche de solution dans les cas de différends.
Aussi, la mission précise de l’observatoire est donc triple : observer, éclairer le pilotage, le suivi et l’évaluation des politiques des droits de la femme, engager une réflexion. Le gouvernement pourrait jeter les bases d’un tel Observatoire, en assurant son indépendance et sa pérennité. Que le gouvernement soit à l’origine de ce projet pourrait faire sens, dans la mesure où la liberté est un bien commun, mais la prudence exigerait qu’il crée une institution qu’il appuie dans ses moyens, mais qui est libre dans ses fins.
Sans en faire une panacée, et bien au fait des interrogations qu’une telle initiative peut soulever, la mise sur pied d’un observatoire national des droits de la femme désignerait une voix de référence dans la situation présente et pour l’avenir du Gabon.
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