Les parlementaires gabonais responsables d’un bicéphalisme politique ?

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Siège provisoire de l'Assemblée Nationale

Au-delà de leurs fonctions institutionnelles d’assemblées délibérantes qui votent la loi et contrôlent l’action du gouvernement, les Parlements sont aussi des lieux de représentation et d’expression de la parole politique. Ils se révèlent, de plus, un élément du patrimoine historique et symbolique de nombreuses nations.

En effet, les Députés de l’Assemblée Nationale sont élus au suffrage universel direct ; en cela ils disposent d’une certaine supériorité. Par contre, les Sénateurs sont élus par un suffrage indirect, ils représentent les collectivités territoriales. De même, dans la procédure législative, l’Assemblée Nationale à la main mise sur la décision finale.

Cependant, la rationalisation de la Constitution gabonaise met en exergue de graves dysfonctionnements qui peuvent s’arranger par une réforme qui soulève autant d’incertitudes qu’elle n’en résout. Dans tous les cas, on se moque du peuple. Ce gain de clarté est largement compensé par les inconvénients. Le bicéphalisme de l’exécutif, qui est déjà incongru, en deviendrait franchement fou.

Le Gabon a su concilier prééminence présidentielle et bicéphalisme de l’exécutif, il a su concilier parlementarisme et stabilité gouvernementale. Au total, la procédure législative gabonaise est certainement moins respectueuse des prérogatives parlementaires que celle de nombreux pays africains. La différence apparaît, toutefois, moins au niveau de la proportion des lois d’initiative parlementaire que des possibilités pour l’opposition de faire aboutir des amendements : l’opposition, au Gabon, a le droit de contester, bien peu celui de participer à l’exercice de la fonction législative, même s’il lui est arrivé de voter certaines réformes libérales avec la majorité.

Désormais, une aspiration croissante à la transparence interpelle les Parlements. L’apparition de démarches citoyennes de contrôle de l’action parlementaire, la concurrence d’autres enceintes de débats, d’autres relais d’opinion, publics ou privés, poussent les institutions parlementaires à se présenter comme des maisons de verre. Toutefois, pour éviter l’hégémonie d’une assemblée, un partage des compétences est instauré entre le Sénat et l’Assemblée Nationale.

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