Le « congossa », ce venin qui détruit les vies. Par Clay Martial Obame Akwe.

« À peine les cloches de Pâques se taisent-elles que reviennent les vieux démons. On a prié, jeûné, demandé pardon, fait des offrandes ,partagé le pain, serré des mains à l’église et lancé des « Que Dieu vous bénisse » à longueur de journée. Mais dès le lundi revenu, certains retrouvent leur activité favorite, la plus répandue dans  tous les milieux: le «congossa ».

   Au Gabon, ce mot trivial est devenu une véritable institution. Il se pratique partout : dans les quartiers, les villages, les marchés, les bureaux, les transports, les cabarets, les salons de coiffure ou de thé, les administrations et jusque dans certaines chaumières où l’on préfère commenter la vie des autres plutôt que de réparer les fissures de la sienne.
   Le plus impressionnant dans cette discipline nationale, c’est le talent de ses pratiquants. Le spécialiste du « congossa » connaît votre vie mieux que vous-même. Il sait qui vous fréquente, où vous dormez, ce que vous mangez, ce que vous gagnez, qui vous appelle, pourquoi vous avez changé de coiffure, pourquoi vous êtes rentré tard, pourquoi vous avez souri à telle personne et pourquoi vous avez toussé trois fois devant votre portail.
    Mieux encore, il décrit votre existence avec une précision chirurgicale, comme s’il avait été désigné par Dieu lui-même pour surveiller votre quotidien. Il invente, ajoute, corrige, amplifie et diffuse. Chez lui, le mensonge n’est pas une faute : c’est un métier. La calomnie n’est pas un péché : c’est un passe-temps. Et la délation est devenue une manière de respirer. Kiee !
   Le plus tragique, c’est que beaucoup détruisent volontairement sans rien gagner en retour. Pas de salaire. Pas de récompense. Pas de prime de nuisance. Juste le plaisir malsain de salir un innocent, de détruire un couple, de brouiller une famille, d’opposer des amis, de casser une réputation ou de ternir l’image d’un homme honnête.
    Combien de relations ont été brisées par une simple rumeur ? Combien de familles ont explosé à cause d’un mensonge habillé en confidence ? Combien de personnes vivent aujourd’hui avec une réputation abîmée par des accusations sans preuve ?
    Car le problème du « congossa », c’est qu’une fois qu’il colle à votre peau, il devient difficile de s’en débarrasser. Même lorsque la vérité éclate, même lorsque l’on découvre que tout était faux, la victime reste marquée. Dans l’esprit de certains, il restera toujours un doute. Voilà la force destructrice de la calomnie : elle tue sans couteau, frappe sans bruit et laisse des cicatrices invisibles.(sic)
     Le plus ironique dans cette histoire est que les grands experts de la vie des autres oublient souvent les trous profonds qui jalonnent leur propre existence. Ils décrivent votre placenta. Ils examinent les fissures chez le voisin tout en vivant dans une maison sans toit.
Ils dénoncent les faiblesses des autres alors qu’ils sont eux-mêmes assis sur des montagnes de contradictions, de problèmes, d’échecs et de secrets.hum…
     À ce rythme, si toutes les victimes du « congossa » décidaient de porter plainte devant les tribunaux, les cellules de Gros Bouquet refuseraient du monde. Les prisons seraient saturées de bavards professionnels, de menteurs de quartier, de procureurs autoproclamés et de spécialistes du faux témoignage.
   Mais au fond, ce fléau en dit long sur notre société. Il traduit une pauvreté intérieure, un vide moral, une perte de valeurs et parfois même une jalousie maladive. Lorsqu’on ne construit rien dans sa propre vie, on finit souvent par prendre plaisir à démolir celle des autres.
     Après Pâques, il serait peut-être temps de ressusciter autre chose que les habitudes toxiques. Il serait temps de réapprendre la retenue, le respect, la vérité, la dignité et la bienveillance. Car une société qui fait du mensonge un loisir et de la calomnie une culture finit toujours par s’empoisonner elle-même.
     Et dans ce poison collectif, personne n’est totalement à l’abri. Aujourd’hui, c’est votre voisin qui brûle sous les braises des rumeurs. Demain, ce sera peut-être votre tour. HARO ! »
Clay Martial Obame Akwe- Journaliste Essayiste.




📘 Conçu par un conseiller pédagogique en physique-chimie au Gabon, « La Méthode MPC » donne à votre enfant les six réflexes concrets pour transformer ses révisions en bonnes notes, en Maths, Physique et Chimie.

👉 Découvrez la méthode maintenant : "https://jwztxxls.mychariow.co/mathsphysique"

Assistant Edu Gabon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *