Pendant des décennies, les relations entre la France et l’Afrique francophone ont été marquées par une proximité politique, économique et militaire qui a souvent alimenté les critiques. Derrière les discours de coopération, beaucoup d’Africains ont eu le sentiment que les décisions essentielles concernant leur avenir continuaient d’être influencées de l’extérieur. Aujourd’hui, le contexte a changé. Les peuples africains réclament davantage de souveraineté, de dignité et de liberté dans leurs choix.
La France affirme avoir tourné la page de la Françafrique. Elle privilégie désormais les investissements, les échanges économiques, l’innovation, la culture et la formation. Cette évolution mérite d’être saluée si elle s’accompagne d’un véritable respect de la souveraineté des États africains. Mais les Africains jugeront cette nouvelle politique non pas à travers les discours, mais à travers les actes. Le respect ne se proclame pas ; il se démontre.
L’Afrique, de son côté, ne doit pas remplacer une dépendance par une autre. Que les partenaires s’appellent France, Chine, Russie, Turquie, États du Golfe ou États-Unis, la règle doit rester la même : aucun partenariat ne doit compromettre les intérêts fondamentaux des peuples africains. La richesse du continent doit d’abord profiter aux Africains, créer des emplois, soutenir l’industrialisation, renforcer l’éducation et améliorer les systèmes de santé.
L’heure est venue pour les dirigeants africains de parler d’une seule voix sur les grands enjeux stratégiques. L’unité, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et l’intégration régionale constituent les véritables leviers de l’indépendance. Aucun partenaire étranger ne construira l’Afrique à la place des Africains. Cette responsabilité incombe avant tout aux femmes et aux hommes qui dirigent le continent.
L’Afrique n’a plus besoin de tuteurs. Elle a besoin de partenaires sincères, respectueux et équitables. Les relations internationales du XXIᵉ siècle doivent être fondées sur le respect mutuel, la réciprocité et la défense des intérêts des peuples. Si la France souhaite ouvrir un nouveau chapitre avec l’Afrique francophone, elle trouvera des interlocuteurs prêts à coopérer, mais désormais décidés à être traités comme des partenaires à part entière, jamais comme de simples zones d’influence.
L’avenir de l’Afrique ne s’écrira ni à Paris, ni à Moscou, ni à Pékin, ni à Washington. Il s’écrira à Libreville, Dakar, Yaoundé, Brazzaville, Abidjan, Kinshasa, N’Djamena et dans toutes les capitales africaines, par des peuples conscients de leur valeur et résolus à prendre leur destin en main.

