La violence conjugale se passe tous les jours ou presque dans pas mal de foyers gabonais. Ce n’est plus un tabou, encore moins un mythe, entouré de secrets. Ses séquelles pèsent lourd sur le couple, et leurs enfants s’ils en ont, et même sur la stabilité de la famille. Toutefois, ce phénomène n’a jamais été perçu comme un sujet d’inquiétude à la société, jusqu’à ce que des personnes commencent à y perdre la vie.
Tout commence par des paroles très blessantes, des menaces, des gifles. Et puis on reçoit le premier coup de poing, puis son coup de pied au bas-ventre. La seule pensée qui nous vient en tant que victime, c’est de se dire simplement « ce qui arrive est de ma faute, certainement j’ai fait quelque chose de travers ».
On continue comme ça en espérant que notre partenaire va changer, qu’un matin il réalisera tout le mal qu’il vous a infligé. S’ensuit des étranglements, puis un jour il vous frappe plus que d’habitude, vous ne reconnaissez plus cet homme qui partage vos nuits. Celui-là même qui vous faisait succomber sous ses caresses finit par vous faire succomber sous ses coups.
La victime de violences conjugales reste dans son état pour plusieurs raisons, d’abord, elle trouve en son bourreau le seul qui la voit comme personne ne l’a jamais fait, il est le seul qui peut la supporter et la mettre sous son toit comme compagne ou épouse. Le plus souvent, la victime est sous la domination d’un homme qui maitrise à souhait la manipulation mentale. Des phrases telles que : « personne d’autre ne peut t’aimer comme je t’aime », ou encore « tu es à moi, tu m’appartiens », « je préfère te voir morte que de te savoir avec un autre homme », et j’en passe. Tout cela pour exercer une emprise sur vous, vous laissant croire qu’il vous aime.
Une autre raison qui pousse la victime à rester dans un foyer malheureux, c’est la famille, la société. Le regard des autres, on a peur de la critique. « Si tu sors tu vas encore aller où ? », « il faut supporter », « vous avez déjà les enfants », « il va changer », « regarde-moi celle-là, à son âge elle est encore célibataire ».
La troisième raison c’est soit la religion, nos croyances ou nos coutumes qui nous dictent dans nos décisions : « il est écrit que », « la tradition dit que », privant ainsi l’homme et la femme de bon sens.
Il n’y a pas de raison, ni d’indulgence, encore moins des justifications à donner à ce genre de comportement. Vous n’avez rien fait pour mériter ce traitement, arrêtez de croire que personne d’autre ne pourra s’intéresser à vous, arrêtez aussi de croire qu’il va changer. Sortez de là avant qu’il ne soit trop tard.
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