Chers enseignantes et enseignants,chers collègues précarisés, bonsoir.
Le désastre infrastructurel, humain et pédagogique que traverse notre école depuis plusieurs années maintenant nous a invités à réfléchir sur ce que nous pouvions faire pour notre école et nous-mêmes.
Après réflexion,le collectif SOS Éducation a vu le jour dans un climat qui semblait vouloir taire toute réalité. Cette initiative se voulant inclusive et révolutionnaire dans la démarche a pensé qu’il était nécessaire de rendre le pouvoir à la base.
Oui,parce que c’est la base qui a le pouvoir,il était donc juste d’organiser des rencontres entre enseignants afin que tous et chacun participent à ce projet. Il n’était donc plus question de laisser quelques personnes décider pour toute une corporation sans la consulter. Il était inadmissible de penser à des arrangements au profit d’une microscopique minorité au détriment du reste de la profession.
Le 06 décembre 2025, première AG tenue sur l’ensemble du territoire,nous avons réuni des milliers d’enseignants et surtout nous avons réussi à susciter de nouveau en chaque enseignant du Gabon de l’espoir. L’espoir de voir sa situation administrative régularisée,l’espoir de toucher son rappel,l’espoir d’avoir une assurance santé,l’espoir de retrouver sa dignité dans la pratique de notre profession. Cet espoir commençait par le dépôt d’un préavis de grève de huit (08) jours au Ministère de l’Education Nationale le lundi 08 décembre.
Entre le dépôt de ce préavis et la deuxième assemblée générale,nous n’avons a aucun moment senti que notre administration voulait régler le problème. Le silence dans lequel elle s’est terrée nous a fait comprendre que notre dur quotidien était certainement entretenu,voulu par des mains noires qui en tirent profit. Entre-temps, plusieurs enseignants sont tombés. Partis sans jamais avoir vécu dignement.
Chaque enseignant du Gabon étant invité à prendre ses responsabilités,des préavis de grève ont été déposés dans tout le pays auprès des chefs d’établissements et des responsables administratifs provinciaux.
Le 18 décembre,nouvelle assemblée générale nationale,près de 3500 enseignants présents,des milliers de signataires pour la pétition SOS Éducation,la décision de suspendre les cours fut votée à l’unanimité. En espérant lire ou voir des signaux positifs de la part de l’exécutif durant cette période de vacances,les enseignants du Gabon cessaient toute activité pédagogique dès le jeudi 19 décembre.
Alors que la reprise des cours frappe à notre porte et que les fossoyeurs de notre école semblent avoir repris du poil de la bête,il est important d’avoir à l’esprit cette citation de Nelson MANDELA « CE QUI EST FAIT POUR NOUS SANS NOUS EST FAIT CONTRE NOUS».
Nous ici c’est chaque enseignant du Gabon. Chaque bénévole réduit à travailler sans salaire depuis des années, tout instituteur éloigné de tout sans aucune prime d’éloignement,tout professeur ayant une classe surchargée mais attendant depuis 15 ans la régularisation de sa situation administrative, tout conseiller pédagogique et tout inspecteur n’ayant pas été reclassé depuis la fin de son stage, chaque sortant école en attente d’affectation… Chers collègues,ce combat est celui de tous les enseignants. Même celui de ceux qui le torpillent pour quelques bonnes grâces.
*L’appel à la mobilisation que le collectif SOS Éducation lance en ce début d’année a pour objectif de nous garder concentrés sur ce qui est essentiel. Ne cédons pas à la distraction et aux intimidations car il n’y aura personne d’autre que nous pour défendre aussi bien notre cause que nous-mêmes. Alors, restons mobilisés,respectons notre décision de suspendre les cours. La solidarité et la détermination sont nos plus grandes armes.*
*_En attendant le 10 janvier 2026 pour notre prochaine assemblée générale,pas de cours_* .
Cette fois-ci c’est TOUT OU RIEN!!!
SOS Éducation, la dignité de l’enseignant ou rien

