Idéologie introuvable, adhésions intéressées, ou crise du militantisme sous les Tropiques par Hermann Ditsoga

Demandez à dix cades d’un même parti de définir leur doctrine, vous aurez douze réponses, ou aucune. Qu’est ce que la droite gabonaise par exemple ? Qu’est-ce que la gauche ? Silence radio.  
Les congrès ne débattent plus du fond, ils règlent les rangs, on vote les motions de soutien, pas de motions d’orientation. On applaudit le chef, pas le projet, résultat, les partis se ressemblent presque tous, interchangeables, des coquilles vides avec des logos différents. Le citoyen ne choisit plus entre des visions, il choisit entre les réseaux.
On n’adhère plus, on ne milite, on se positionne et le parti n’est plus une école, c’est un guichet. La carte de membre n’est plus un acte de foi, c’est un ticket de loterie, bienvenue dans le crépuscule du militantisme sous les tropiques.
On entre au parti comme on entre dans une banque. Pour un poste, un marché, une nomination, une protection, mais où est l’idéologie ? Elle suit la ligne du budget, socialiste le matin, libéral le midi, conservateur le soir, ni à gauche, ni à droite mais toujours de l’avant, ce fut l’ère du progressisme démocratique et concerté.
Tout le monde dépend de qui paie le cocktail. Le militant d’hier distribuaient des tracts, celui d’aujourd’hui distribue son CV, il ne défend pas des idées, il défend son dossier. Et quand le robinet se ferme, la conviction s’évapore. Il traverse la rue, change de veste et recommence ailleurs.
Le militant des tropiques est toujours saisonnier, il se met en hibernation le temps d’un mandat électif. Il sort à l’approche des élections, tee-shirt, casquette, billets de banque, il bat la campagne, chauffe les meetings, insulte les adversaires. Le scrutin passé, il disparaît, entre les deux élections, qui forme ? Qui éduque ? Qui contrôle l’action du gouvernement ou de la mairie ? Personne. Le parti ne vit pas, il sommeille, et ne se réveille que pour le partage et pas pour le combat. La politique devient intermittente, les pays eux, souffrent en continu.
Sous les tropiques, on ne démissionne pas pour une idée, on quitte un clan pour un autre. Hier on traitait le chef de tous les noms, aujourd’hui on l’appelle père. Hier on dénonçait le système, aujourd’hui on y dîne et l’explication tient en une phrase « seuls les imbéciles ne changent pas ». Sauf que changer d’avis n’est pas changer d’éthique. Retourner sa veste n’est pas une preuve d’intelligence, c’est la preuve qu’on n’avait pas de colonne vertébrale. Et un parti peuplé d’invertébrés ne tient pas debout.
Conséquence, la crise de la représentation, le peuple ne croit plus aux partis, ne croient plus en rien. Les jeunes fuient la politique parce qu’elle sent le calcul. Les cadres compétents refusent de s’encarter parce qu’ils refusent de s’aplatir, et les pays vivent de subsistance militante.
À l’ère du renouveau démocratique, l’Afrique a besoin de partis forts et non de fans-clubs. De militants formés, pas de courtisans affamés. D’idéologies claires, pas de girouettes habiles, sans cela, l’élection ne restera qu’une surenchère et la démocratie, une foire.
Les pays ne doivent pas se reconstruire avec des adhésions intéressées, mais plutôt avec des convictions désintéressées, le reste n’est que du commerce, aucun pays n’est à vendre.


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Paul Essonne

Journaliste

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