Gabon/Affaire de tribalisme: Ali Bongo Ondimba gagnerait à bien lire « le livre pour la paix ».

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Le Président de la République Ali Bongo (à gauche) et l'ancien Premier ministre Paul Biyoghe Mba (à droite) pour ou contre le tribalisme ?

Le 31 décembre dernier, Ali Bongo Ondimba s’adressait aux Gabonais à l’occasion de la traditionnelle présentation des vœux à la Nation. Dans son intervention, le Président Ali Bongo n’a pas pris le soin de bien lire « le livre pour la paix » publié par l’Assemblée Nationale en juin 2021. Le Président de la République en a profité pour dénoncer le tribalisme. Un tribalisme qui existe bel et bien à l’Assemblée Nationale.

 Paul Biyoghe Mba va illustrer ses propos en s’appuyant sur la composition du bureau de l’Assemblée Nationale, dont la composition est caractérisée par deux concentrations, l’une géographique et l’autre ethnique. Sur le plan géographique, sur 15 postes, la province du Haut-Ogooué compte à elle seule 5 membres, soit le tiers, alors qu’il y a 9 provinces.

Du point de vue ethnique, les Nzebi totalisent à eux seuls 5 postes sur 15, soit là également le tiers, alors qu’il y a 52 ethnies au Gabon, c’est là le problème. Et pour l’avoir dit, c’est le branlebas de combat.

Alors questions, à l’Assemblée Nationale gabonaise :

Y a-t-il oui ou non 5 ressortissants sur 15 du Haut-Ogooué dans le bureau, alors qu’il y a 9 provinces ? Le constater et le dire implique-t-il qu’on est contre cette province ?

Oui ou non y a-t-il 5 ressortissants de l’ethnie Nzebi sur 15 postes du Bureau alors qu’il y a 52 ethnies ? Le constater et le dire implique-t-il qu’on est contre cette ethnie ?

Que l’on vienne donc faire la démonstration que Monsieur Paul Biyoghe Mba s’est trompé et que ce simple constat constitue une attaque pour le Haut-Ogooué et les Nzebi.

Comme on le dit souvent, « quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. Et comme sous tous les cieux, qui se sent morveux se mouche ».

Mais plus grave, certaines réactions négatives, en réalité hypocrites et malveillantes, démontrent clairement qu’au Gabon il y a deux types de Gabonais : ceux qui après constat proposent les changements et ceux qui se complaisent dans le mensonge, le non-dit, la médiocrité, la peur, le pessimisme, la routine, le « on va encore faire comment ».

Volontairement ou involontairement, Paul Biyoghe Mba vient de rendre un sacré service à Ali Bongo Ondimba et à son camp, auquel du reste il appartient. Car, en dénonçant l’accaparement sauvage actuel du pays par quelques groupuscules, en plein Assemblée Nationale, il pose scrupuleusement le problème, pousse et permet ainsi au Président de la République et les autres instances décisionnelles à trouver des solutions et mesures correctives adaptées avant qu’il ne soit trop tard.

Plutôt que de l’accuser, les esprits avisés du camp présidentiel feraient mieux d’approfondir la réflexion.

Ali Bongo Ondimba, s’il veut continuer d’exister politiquement à la tête de l’Etat, aurait bien tort de ne pas prendre en compte ce qui est en réalité un vif et ardent Conseil, plutôt qu’une attaque comme certains esprits limités, non habitués à la haute réflexion veulent le présenter.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire et seuls les esprits attardés n’évoluent pas. Paul Biyoghe Mba, dont le courage est reconnu et légendaire, vient de s’inscrire définitivement dans le présent, le futur et l’histoire de notre pays, le Gabon.

En homme intelligent, expérimenté et avisé, Paul Biyoghe Mba savait très bien que son intervention serait critiquée par les uns, applaudie et saluée par les autres. Et le calme qu’il adopte me conforte dans cette position.

Mais, au fait, a-t-on fait un sondage sérieux de l’opinion gabonaise pour savoir de quel côté penche la balance après cette intervention à l’Assemblée Nationale ?

L’avis ultérieur de quelques supposés Députés, incapables d’apporter la réplique au moment des faits est-il significatif ? Surtout quand on connait la mentalité et la morale de plusieurs d’entre eux, plutôt prompts à voter des Projets de loi sans amendements dans des conditions qui nécessiteraient d’être éclaircies.

Si le propos de Paul Biyoghe Mba n’est pas réellement républicain et dérange l’Unité Nationale comme le prétendent certains sinistres individus, deux possibilités s’offrent dans l’immédiat pour édifier correctement l’opinion nationale et internationale :

Soit un débat public, radiotélévisé, couvert par tous les médias publics et privés, entre Paul Biyoghe Mba et ses « détracteurs » ;

Soit un débat à l’Assemblée Nationale entre Paul Biyoghe Mba et les « Députés » qui ne seraient pas d’accord avec lui.

C’est comme cela que ça se passe dans les pays de démocratie quand un leader politique national de cette trempe pose un problème, par ailleurs sociétal.

Nous sommes persuadés que Biyoghe Mba ne se dérobera pas.

En tout état de cause, et de manière réelle, Paul Biyoghe Mba marque des points forts et sort d’ores et déjà très grandi dans l’opinion nationale, si on en croit les retours provenant des différentes couches de la Population et des milieux qu’on ne pouvait soupçonner.

S’il optait réellement pour une candidature à la Présidence de la République en 2023 comme cela se dit, une chose est certaine, il a de grandes chances de sortir dans le duo, au pire le trio de tête au premier tour des élections.

Encore faut-il que ces élections de 2023 soient transparentes, justes, claires et crédibles. Mais c’est là une autre paire de manches.

Paul Biyoghe Mba a montré la lune, les idiots ont regardé le doigt. Que le Président de la République s’approprie « le livre pour la paix » publié par l’Assemblée Nationale. Le débat reste ouvert, ne faisons pas semblant. Les Gabonais apprécieront.

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