Le Fonds RSE mis en œuvre par Eramet Comilog et l’État gabonais a disposé en 2025 d’une enveloppe globale de 10,412 milliards de francs CFA destinée à financer les projets de développement communautaire. Derrière cette capacité d’investissement, le rapport RSE fait toutefois apparaître une situation financière qui appelle à une gestion rigoureuse des engagements pluriannuels.
L’exercice 2025 a démarré avec un report net de 3,864 milliards de francs CFA. Une nouvelle dotation de 7,396 milliards de francs CFA a ensuite été allouée aux projets de l’année, tandis que des ajustements sur les provisions budgétaires antérieures ont entraîné une déduction de 849 millions de francs CFA. Au total, l’enveloppe disponible pour les travaux s’est établie à 10,412 milliards de francs CFA.
Cette enveloppe a été orientée vers plusieurs priorités : infrastructures sanitaires et éducatives, énergie, accès à l’eau, cohésion sociale et diversification économique.
Le rythme des décaissements a été particulièrement soutenu. À la date du 31 décembre 2025, ils atteignaient 8,622 milliards de francs CFA. En apparence, le fonds disposait encore de 1,790 milliard de francs CFA de trésorerie. Mais ce solde ne correspondait pas à une capacité d’investissement réellement disponible.
En effet, les engagements contractuels non encore réglés s’élevaient à 3,272 milliards de francs CFA, soit près du double du solde disponible. Le rapport anticipait ainsi un risque de dépassement budgétaire de 1,482 milliard de francs CFA pour achever l’ensemble des projets déjà engagés.
Cette situation signifie que l’exercice 2026 devait démarrer avec une pression financière importante, puisque 1,482 milliard de francs CFA devait être imputé sur l’enveloppe 2026 afin de finaliser les engagements de 2025.
Le rapport apporte également un éclairage sur les écarts entre les prévisions et les coûts réels de certains projets. Pour les projets concernés, le budget initial était évalué à 4,810 milliards de francs CFA contre un coût réel de 7,291 milliards, soit un écart global de 2,481 milliards de francs CFA.
Le principal dépassement concerne le Lycée de l’Excellence de Moanda. Initialement évalué à 800 millions de francs CFA, son coût réel atteint près de 3,962 milliards de francs CFA. Le rapport explique cet écart par le redimensionnement du projet décidé par le ministère de l’Éducation nationale afin d’intégrer des infrastructures supplémentaires et de répondre aux standards des lycées d’excellence.
D’autres projets ont également connu des dépassements, notamment la médiathèque de Bakoumba et le centre de contrôle technique et permis G de Mounana. À l’inverse, certains projets ont été réalisés en dessous des prévisions initiales, notamment les forages, les panneaux solaires et la réhabilitation de l’école de Bidoungui.
Ces écarts montrent l’importance du suivi des projets d’infrastructure, particulièrement lorsque leur périmètre évolue en cours d’exécution. Ils soulignent également la nécessité d’une programmation financière suffisamment robuste pour éviter que les nouveaux projets ne soient excessivement contraints par les engagements antérieurs.
Sur le plan de la gouvernance, le Fonds repose sur deux instances : le Comité de Gestion Partenariale, chargé de la validation stratégique des projets et de l’allocation des ressources, et le Comité de Gestion Opérationnelle, chargé du suivi technique et de l’évaluation de l’avancement des projets.
Le rapport RSE 2025 met ainsi en évidence un double enjeu : maintenir l’effort d’investissement social dans les territoires tout en renforçant la maîtrise budgétaire, le suivi des engagements et la transparence dans l’utilisation des ressources.
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