La tension est montée d’un cran entre le Gouvernement et les syndicats. Lors d’une déclaration de presse tenue ce lundi, Roger Ondo Abessolo, président de la Confédération syndicale Dynamique Unitaire – DU, a exprimé une vive opposition au projet de réforme visant à supprimer l’avancement automatique dans la Fonction publique.
Avant son intervention, DU a observé une minute de silence en mémoire de Jean Bosco Boungoumou Boulanga, figure emblématique du syndicalisme gabonais récemment disparu.
Selon Roger Ondo Abessolo, le ministère de la Fonction publique a communiqué du 22 au 24 juillet sur un projet de réforme fondé sur le « mérite ». Or, DU affirme avoir sollicité une audience auprès de la ministre pour ouvrir un cadre de concertation. « Une démarche qui est restée sans réponse », déplore-t-il.
« Le déficit de dialogue n’est pas imputable aux travailleurs, mais bien au Gouvernement », a martelé le président de DU. Il accuse l’Exécutif de vouloir imposer un « passage en force ».
DU ne rejette pas le principe d’efficacité. Mais la centrale craint qu’en l’absence de critères « objectifs, transparents et consensuels », le nouveau système n’ouvre la voie au « clientélisme, aux discriminations et à une précarisation des carrières ».
Le syndicat rappelle que la notion de mérite est déjà consacrée par la loi N° 8/91.
Dynamique Unitaire demande la suspension de toute initiative unilatérale et l’ouverture de « véritables négociations ». Elle appelle aussi les deux chambres du Parlement à rejeter le projet de loi.
Au-delà, DU pointe d’autres urgences : régularisations administratives, paiement des rappels de solde, amélioration des conditions de travail.
Dans un ton ferme, Roger Ondo Abessolo a appelé les agents à « rester vigilants et solidaires ».
« Les travailleurs ne paieront pas l’extravagance du train de vie de l’État », a-t-il lancé, dénonçant aussi des « menaces et tentatives de manipulation » visant des responsables syndicaux.
Avec cette sortie, DU annonce le début d’un bras de fer qui pourrait s’intensifier si le Gouvernement maintient sa réforme sans dialogue inclusif.

