Face aux journalistes, Gilles Térence Mondjo Mondjo, président de la fédération, a dénoncé ce qu’il considère comme une dégradation du climat professionnel au sein de l’entreprise. Il évoque notamment des atteintes présumées aux libertés syndicales, des procédures disciplinaires visant des représentants du personnel, une précarité croissante des emplois et la marginalisation des compétences gabonaises.
Le responsable syndical affirme être directement concerné par une procédure disciplinaire susceptible de conduire à son licenciement. Pour lui, il s’agit d’une tentative d’intimidation destinée à faire taire les contestations au sein de l’entreprise. La fédération réclame l’application des dispositions de l’article 97 du Code du travail gabonais, qui protège les représentants des travailleurs.
Au-delà des questions sociales, la FETRAG-SETRAG s’inquiète également de la sécurité ferroviaire. Selon le syndicat, la détérioration des conditions de travail et du dialogue social pourrait compromettre la sécurité des cheminots et des usagers sur la ligne Owendo-Franceville, longue d’un peu plus de 600 kilomètres.
Dans ce contexte, l’organisation estime que les discussions avec la direction générale ne suffisent plus et demande l’intervention directe du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’il rencontre les cheminots et entende leurs préoccupations. Le ministre du Travail est aussi sollicité pour examiner les difficultés soulevées, notamment en matière de respect des droits syndicaux.
La fédération interpelle par ailleurs le groupe Eramet, maison-mère de la SETRAG, sur sa responsabilité dans les pratiques sociales de sa filiale gabonaise.
À ce stade, les accusations restent celles d’une position syndicale. La direction générale est appelée à répondre pour permettre un examen contradictoire des griefs avancés.
Cette sortie médiatique place la situation sociale de la SETRAG au cœur des préoccupations. Entre droits des travailleurs, conditions d’emploi et sécurité du transport ferroviaire, les enjeux dépassent le cadre strict des relations professionnelles et touchent le fonctionnement d’un réseau essentiel à l’économie gabonaise.

