Depuis le début de l’état d’urgence, le gouvernement ne cesse de répéter que le pays va mieux. Difficile à croire, au vu de l’augmentation des cas positifs au Covid-19, de la contestation sociale ambiante. Enquête sur une action dont le bilan n’apparaît qu’en filigrane. C’est un jeu de massacre. Qu’il y ait un problème de bilan paraît évident.
Le gouvernement entame la phase II du confinement très affaibli. Il a passé la quasi-totalité de la séquence allant du 12 mars au 7 mai 2020 sur un toboggan vertigineux : de la déclaration du premier cas positif au Covid-19 aux dérapages du COPIL, c’est un véritable cauchemar qu’a vécu le gouvernement. Au regard de la violence de la crise sanitaire inédite que le Gabon vit aujourd’hui, le gouvernement a commencé par perdre le soutien des populations. Un recul sans doute lié aux couacs à répétition au sommet de l’État qui ont abîmé son image et son action et à une détérioration de la confiance dans sa capacité à réformer le pays durant cette pandémie du Covid-19 et à maintenir l’ordre républicain.
De fait, quel que soit le domaine testé, une majorité de Gabonais considère que l’action menée est plutôt un échec. Le gouvernement semble rencontrer une grande difficulté à regagner la confiance des Gabonais sur le bien-fondé de sa politique de lutte contre le Covid-19. Surtout, il ne parvient pas à convaincre que sa politique va profiter à tout le monde.
Mais, face aux populations qui se montrent pessimistes concernant l’avenir, on mesure bien que, pour la majorité, il y a une cristallisation de l’opinion à l’encontre du gouvernement dans un Gabon fracturé et polarisée comme jamais avec la montée des oppositions.

