Une fois encore, une fois de trop, les conservateurs acharnés du pouvoir Bongo-PDG, dans leur funeste besogne, continuent d’instrumentaliser et de chosifier la personne d’Ali Bongo en mettant en scène un malade, une personne affaiblie au regard hagard, éprouvant d’énormes difficultés à articuler et à tenir un discours de 3 minutes.
Cette funeste théâtralisation vise un objectif : clore rapidement le débat sur la santé d’Ali Bongo Ondimba. Loin de le clore, le message à la Nation du chef de l’État a plutôt renforcé les doutes sur la capacité d’Ali Bongo Ondimba d’assumer les lourdes charges liées à la fonction de président de la République.
L’Union Nationale s’indigne devant les pratiques de tous ceux dont l’instinct de conservation du pouvoir conduit à agir de la sorte. Ils viennent de montrer à la face du monde jusqu’à quel point ils peuvent chosifier, piétiner la dignité et l’honneur d’un homme de leur propre camp, juste pour la conservation du pouvoir ou la préservation de leurs intérêts. Ils démontrent ainsi le peu de considération qu’ils ont pour la Constitution et de l’institution Président de la République, clé de voûte des institutions.
Depuis le 24 octobre 2018, le pays qui tournait déjà au ralenti, se trouve dans une situation constitutionnelle inédite. En 70 jours, aucun décret n’a été signé. La loi de Finances 2019 qui devait être promulguée avant le 31 décembre 2018 ne l’est pas. En fait, l’absence du chef de l’État bloque le fonctionnement régulier des pouvoirs publics.
A la lumière de tout ce qui précède, il y a urgence à désigner une commission médicale à Rabat, pour constater si M. Ali Bongo Ondimba est encore en capacité d’assumer les lourdes charges liées à la fonction de président de la République et déclarer ensuite la vacance du pouvoir, déjà effective.
C’est le sens de la correspondance, aujourd’hui sans réponse, que le Rassemblement Héritage et Modernité, Les Démocrates et l’Union Nationale ont adressée au Premier ministre, chef du gouvernement et au président de la Cour Constitutionnelle.
Face à toutes ces manœuvres de manipulation, de théâtralisation et devant le blocage du fonctionnement régulier des pouvoirs publics qu’elles entraînent, tous les patriotes, sans exclusive, toutes les forces du changement et de la Résistance doivent s’unir, pour exiger ensemble l’application de l’article 13 de la Constitution, sauver la démocratie en péril, préserver notre pays des lendemains incertains et opposer une résistance farouche à toutes les velléités de conservation éhontée du pouvoir. Comme elle a toujours su le faire aux grands moments de l’histoire toute récente de l’opposition gabonaise, l’Union Nationale est prête à se joindre, initier ou accompagner tout mouvement unitaire allant dans ce sens.
Fait à Libreville, le 4 janvier 2019
Zacharie Myboto
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