Lancée avec tambours et trompettes il y a quelques mois, AGROPAG devait être la locomotive de la souveraineté alimentaire du Gabon. L’ambition à court, moyen et long terme terme, consistant à réduire la dépendance aux importations et produire localement maïs, manioc, lait et viande.
Au Conseil d’Administration : Raymond Ndong Sima. À la Direction Générale : Aubert-Aimé Ndjila, ancien DG du CNOU. Un tandem présenté comme la garantie d’une nouvelle dynamique agricole.
Quelques mois plus tard, le décor a changé. Raymond Ndong Sima a quitté le Conseil d’Administration et a rendu public un constat sévère sur l’état de la société. Selon lui, AGROPAG serait aujourd’hui « en grande difficulté ».
La démission du PCA, assortie de critiques publiques, jette une lumière crue sur les dysfonctionnements internes et relance le débat sur la gouvernance du projet.
La question revient avec insistance : comment une structure présentée comme stratégique est-elle passée si rapidement du statut de vitrine nationale à celui de chantier à l’arrêt ?
La Direction Générale, pilotée par Aubert-Aimé Ndjila, est directement interpellée. Le décalage entre les ambitions politiques et les réalisations concrètes est aujourd’hui au cœur des critiques.
Sur les marchés, peu de changements. Les importations continuent de dominer et les ménages subissent toujours la vie chère. La « souveraineté alimentaire » reste pour l’instant davantage un objectif politique qu’une réalité économique.
Le cas AGROPAG illustre une difficulté structurelle : passer du discours à la production. Sans transparence sur les budgets, sans infrastructures adaptées et sans indicateurs de performance clairs, les grands projets agricoles risquent de ne laisser que des promesses et des communiqués.
Les Gabonais attendent désormais moins d’annonces et plus de résultats mesurables.
Source MMM.

