Gabon : un nouveau gouvernement attendu sur la transparence, la coordination et l’obligation de résultats

La nouvelle équipe gouvernementale ne sera pas seulement jugée sur les secteurs économiques et sociaux qu’elle doit redresser. Elle devra également démontrer sa capacité à mieux coordonner l’action publique, à expliquer ses décisions et à rendre compte de leur exécution.

 

La présence d’Hermann Immongault au poste de vice-président du gouvernement confère une importance particulière à la coordination de l’action ministérielle. Dans une administration où les compétences se répartissent entre plusieurs départements, la cohérence des décisions et la circulation de l’information constituent des conditions essentielles de l’efficacité publique.

Le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions, confié à Aimé Martial Massamba, est également appelé à jouer un rôle déterminant. La réforme de l’État ne peut se limiter à la modification des structures administratives. Elle doit permettre de clarifier les responsabilités, de réduire les lourdeurs bureaucratiques, de renforcer les mécanismes de contrôle et d’améliorer la qualité du service rendu aux usagers.

La question de la redevabilité demeure centrale. Chaque ministère doit pouvoir présenter ses priorités, les ressources mobilisées, les délais d’exécution et les résultats obtenus. Une telle démarche suppose des indicateurs de performance, un suivi régulier et des mécanismes permettant de corriger rapidement les retards.

Germain Biahodjow face au défi de la communication publique
Le maintien de Germain Biahodjow à la tête du ministère de la Communication et des Médias ouvre un chantier important : celui de la modernisation de la communication publique et du renforcement de l’écosystème médiatique national.
Dans un environnement marqué par l’accélération de l’information numérique, les attentes des citoyens portent sur la rapidité, la précision et l’accessibilité de l’information officielle. Le gouvernement devra expliquer ses décisions, rendre publiques les informations utiles et éviter que les zones d’incertitude ne favorisent les rumeurs et la désinformation.

Cette exigence implique également de renforcer les médias publics, de soutenir leur modernisation technique et éditoriale et de promouvoir le professionnalisme journalistique. La communication institutionnelle ne saurait toutefois se confondre avec la communication partisane : informer les citoyens suppose de distinguer clairement l’information d’intérêt général de la promotion politique.

La crédibilité de l’action publique dépend aussi de la possibilité, pour les médias, d’exercer leur mission d’information dans le respect des lois et des règles professionnelles. Un dialogue régulier entre les institutions et les journalistes peut contribuer à une meilleure compréhension des politiques publiques, sans remettre en cause l’indépendance éditoriale.

Un exécutif attendu sur sa méthode
Le remaniement devra ainsi être accompagné d’une méthode de travail lisible : feuilles de route ministérielles, réunions de coordination, bilans périodiques et publication de résultats accessibles au public.
La coordination entre la Communication, les Finances, la Planification et les autres départements sera particulièrement importante pour faire connaître les projets, expliquer les arbitrages budgétaires et rendre compte de leur avancement.

En définitive, la réussite du nouveau gouvernement dépendra autant de la qualité de ses décisions que de sa capacité à les mettre en œuvre et à en rendre compte. Dans un contexte de fortes attentes sociales, la transparence et la redevabilité ne constituent pas des éléments accessoires de la gouvernance : elles en sont des conditions essentielles.





Assistant Edu Gabon

Paul Essonne

Journaliste

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