Rentrée syndicale : Le SENA interpelle le gouvernement sur la carrière, les effectifs et la santé au travail

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des enseignants, et de sa rentrée syndicale, le Syndicat de l’Éducation Nationale (SENA) a dressé un bilan sans complaisance du système éducatif gabonais et interpellé le gouvernement sur plusieurs urgences.

S’exprimant devant la presse, le secrétaire général par intérim, Magloire MEMIAGA a rappelé que le syndicat est le seul au Gabon affilié à l’Internationale de l’Éducation. Depuis une semaine, indique-t-il, le SENA travaille de manière concertée avec ses partenaires pour examiner la situation du système éducatif.

La carrière de l’enseignant au cœur des revendications

Premier point soulevé : la carrière de l’enseignant. Malgré les annonces du gouvernement, le SENA estime que les mesures tardent à se concrétiser sur le terrain.

« Le gouvernement annonce des choses, mais ces choses-là ne sont pas concrétisées. À la fin du mois, l’enseignant ne sent pas encore l’évolution de son salaire et de sa carrière », a-t-il déploré.

Le syndicat annonce à cet effet l’entrée dans une phase d’actions ciblées. Un plaidoyer, contenant les résultats de ses concertations et ses propositions pour l’élaboration des politiques éducatives, doit être remis à Madame la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale.

Le SENA rappelle que le Gabon est signataire de l’Agenda 2030 et s’interroge sur les objectifs qui seront atteints en matière d’éducation d’ici à cette échéance.

Effectifs pléthoriques et nécessité d’investir

Second point : les effectifs. Le syndicat alerte sur des effectifs pléthoriques du primaire à la 6e, une situation jugée « infernale » dans l’Ogooué-Maritime, le Haut-Ogooué ou encore l’Ogooué-Lolo.

« Si on n’investit pas aujourd’hui, demain sera difficile. L’année prochaine, nous risquons d’atteindre 60.000 élèves à orienter en 6e », a-t-il averti.

C’est pourquoi le SENA propose un plan triennal d’investissement pour l’Éducation nationale, incluant la construction d’infrastructures et la formation des enseignants.

Santé au travail et violence en milieu scolaire

Dernier volet : la santé des enseignants. Le syndicat cite les résultats d’un dépistage récent ayant révélé 360 cas déclarés, sans compter les cas non déclarés, faisant de la santé des enseignants une question de santé publique.

Il plaide pour la gratuité des visites médicales, la prise en compte de la santé et de la sécurité au travail, et la reconnaissance des maladies professionnelles touchant les enseignants, notamment l’hypertension et les pathologies liées à la voix.

Le SENA a enfin évoqué la question de la violence en milieu scolaire, appelant les plus hautes autorités à s’en saisir.





Assistant Edu Gabon

Thierry Mebale Ekouaghe

Directeur de publication, membre de l'UPF (Union de la Presse Francophone) section Gabon, Consultant en Stratégie de Communication, Analyste de la vie politique et sociale, Facilitateur des crises.

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