Ce 30 août 2026, la ville de Makokou aura l’honneur d’abriter les festivités marquant le 3e anniversaire de la Fête de la Libération, qui nous rappelle la prise de pouvoir, au petit matin du 30 août 2023, par un groupe d’officiers ayant à leur tête le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguéma. Un coup d’Etat sans effusion de sang, accueilli avec enthousiasme par les populations. Et pour cause.
En effet, Oligui Nguema, qui troquera plus tard son uniforme d’officier général contre le costume civil, après son élection au suffrage universel, le 12 avril 2025, avec 95, 35 % de voix, hérite au moment du coup de force, d’un pays bloqué, cassé en deux, » capsaillé « . C’est dans ce climat de morosité globale qu’a lieu le putsch, qualifié de salvateur par beaucoup de Gabonais, tellement la situation intérieure était grave, sérieuse, voire explosive.
Dans ces conditions, on peut comprendre que les Gabonais qui avaient accueilli le général Oligui Nguema tel un guérisseur d’écrouelles et rêvé d’un Noël avant l’heure, puissent piaffer d’impatience au motif que leur vie n’aurait pas changé, que les fins de mois seraient toujours difficiles, alors que le « libérateur en chef » leur avait promis de gommer les ruptures de solidarité et de donner à chaque citoyen les moyens de vivre dignement. Mais de là à le rendre responsable de tous les péchés capitaux d’un passé abhorré, il y a là un pas franchi avec une grande injustice intellectuelle.
Nous sommes tous, les générations d’avant, la mienne, une bonne partie de celles d’après, collectivement responsables, à des degrés divers, des gouvernances kafkaïennes qui ont causé du tort à l’essor d’une prospérité partagée. Dans un contexte de réconciliation nationale et de renaissance du Gabon, n’est-il pas préférable d’aller de l’avant plutôt que de vouloir à tout prix retourner le couteau dans les plaies en voie de cicatrisation ?
Les procès de Moscou et les attaques ad hominem dont le chef d’Etat est chaque jour la victime expiatoire, relèvent d’une ignorance grossière. Il y a bien des façons d’apprécier la politique, mais les propos abjects déversés, singulièrement sur la toile, contre sa personne sont inacceptables.
Dans notre pays, le Gabon, on adore pendre haut et court ceux que l’on a autrefois adulé, voire déifié. Il faut arrêter avec l’Oligui bashing. Laissons Oligui Nguema mener sereinement sa « révolution tranquille ». « On peut mentir à l’oreille mais on ne ment pas à l’œil qui voit « , un proverbe souvent rappelé par le chef de l’Etat lui-même. Une autre sagesse bien connue nous enseigne, que « pour récolter du miel, il faut supporter la piqûre de l’abeille ».
Monsieur le Président de la République, ne vous souciez pas des attaques personnelles de ceux qui naviguent entre mauvaise foi, excès et vice. Continuez à construire le Gabon que vous avez stabilisé politiquement, socialement et sorti graduellement de la stagflation. Vous réussissez des choses que l’on pensait impossibles à réaliser auparavant. Excellez dans ce que vous savez faire le mieux pour le Gabon : bâtîr… des cathédrales. L’histoire vous rendra justice et vous célébrera.
(*) Ancien sénateur.

