366 milliards de FCFA : Ali Bongo découvre-t-il seulement aujourd’hui ses comptes communs ?

Selon certaines rumeurs qui circulent, Ali Bongo envisagerait d’engager une action en justice contre BGFI BANK, accusant l’établissement bancaire de séquestrer ses avoirs. Si cette information venait à être confirmée, plusieurs interrogations mériteraient d’être posées, et ce, à juste titre.

Ali Bongo aurait-il oublié que plusieurs des comptes concernés sont présentés comme des comptes joints sur lesquels figurent également les noms de son épouse, Sylvia Bongo, et de leur fils, Nourredin Bongo Valentin ? Ou faut-il comprendre que ces comptes auraient été transformés en comptes communs sans qu’il en ait pleinement conscience ?

Ce qui, si c’est le cas, crédibilise la théorie de son handicap intellectuel sur la période de son AVC allant jusqu’aux années qui ont suivi sa convalescence et donc du fait qu’en réalité ce n’était pas lui qui dirigeait le pays, vu qu’il n’avait même pas la main sur ses avoirs bancaires.

Dans tous les cas, il convient de rappeler à Ali Bongo un principe fondamental : lorsqu’une banque exécute une décision de justice, elle n’agit pas de sa propre initiative. Si les comptes concernés ont été gelés, ce n’est pas parce que BGFI BANK aurait décidé de retenir des fonds, mais parce qu’elle serait tenue d’appliquer une décision judiciaire.

Ali Bongo Ondimba, semble oublier que Sylvia Bongo-valentin ou Ondimba c’est selon, est aussi propriétaire desdits comptes et qu’en conséquence la décision de geler s’applique. Il devrait plutôt s’en prendre à sa femme qu’à BGFI.

Il ne s’agit donc pas, en droit, d’une séquestration arbitraire, mais de l’exécution d’une mesure ordonnée par les juridictions compétentes.

Mais parlons un de l’ampleur des dégâts, de ce que je désigne comme étant génocide contre le peuple Gabonais, de crime contre l’humanité, de haine, mais surtout de méchanceté orchestrée par des esprits sombres, aux desseins inavoués ayant cultivé une haine viscérale contre un peuple, qu’ils considéraient comme des sujets, des animaux et des sous-hommes.

366 970 230 410 FCFA.

Relisez bien ce chiffre.

Trois cent soixante-six milliards neuf cent soixante-dix millions deux cent trente mille quatre cent dix francs CFA. Voici une infime partie des détournements qui se trouvent dans les avoirs que réclament Ali Bongo Ondimba. Oui, il s’agit bien de 366 970 230 410 FCFA.

Plus de 366 milliards de francs CFA retrouvés sur quelques comptes seulement. Une somme vertigineuse. Avec un tel montant, combien d’hôpitaux, d’écoles, de logements sociaux, de routes et d’emplois auraient pu être créés au bénéfice des Gabonais ?

Ce chiffre illustre l’ampleur des ressources en jeu et explique pourquoi les procédures judiciaires suscitent autant d’attention. Si la justice ayant confirmé définitivement leur confiscation, ces fonds dévoient revenir à l’État afin d’être investis au service de l’intérêt général.

366 milliards de francs CFA. Ce n’est pas un simple chiffre. C’est une somme qui, à elle seule, donne la mesure des enjeux pour l’avenir du Gabon. Alors oui, il appartient désormais aux instances compétentes de prendre la pleine mesure de leurs responsabilités.

Pour beaucoup de Gabonais, cet argent représente autant d’hôpitaux qui auraient pu être construits, d’écoles qui auraient pu être équipées, de logements sociaux qui auraient pu voir le jour, de routes qui auraient pu désenclaver les provinces et d’emplois qui auraient pu être créés.

Après la condamnation de Sylvia Bongo et de Nourredin Bongo Valentin, nous estimons légitiment que les procédures judiciaires devraient suivre leur cours jusqu’à leur terme. Si la justice a prononcé la confiscation des avoirs concernés, il appartient aux autorités judiciaires compétentes et à l’Agence judiciaire de l’État de mettre en œuvre les décisions rendues, conformément à la loi, soit de virer cet argent sur un compte du Trésor Public afin que l’État puisse en jouir pour le bien-être d’une population qui a été spoliée pendant 14 ans, par un groupuscule de personnes à l’appétit gargantuesque.

Nous avons un pays à bâtir, et donc il est important que nous puissions recouvrer notre argent, détourner par un clan qui n’a jamais aimé ce pays.

Dès lors, une autre question se pose : Ali Bongo cherche-t-il à faire croire qu’il ignorait que ces comptes étaient également associés à son épouse et à son fils ? Ce qui confirme mon propos susmentionné qu’il ne gérait plus rien ! Mais bon…. Si tel était son argument, il reviendrait alors à expliquer comment leurs noms se sont retrouvés sur ces comptes et là encore, nous sommes dans une manipulation.

À ceux qui dénoncent un prétendu acharnement politique, il convient aussi de rappeler que le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a lui-même déclaré publiquement n’avoir aucun différend personnel avec Ali Bongo.

Il a notamment indiqué lui avoir fait établir un passeport diplomatique et l’avoir convié à l’inauguration du Palais des Congrès. Les questions relatives aux biens saisis relèvent de la justice et non d’une décision présidentielle.

Ce que certains qualifient de persécution est, pour d’autres, l’application normale des décisions de justice. Ce que certains dénoncent comme un acharnement est perçu par une partie de l’opinion comme une exigence de reddition des comptes.

Une seule certitude demeure : dans un État de droit, ce sont les juridictions compétentes qui tranchent les litiges et déterminent le sort des avoirs saisis. Si les décisions deviennent définitives, elles devront être exécutées conformément à la loi, dans le respect des droits de toutes les parties.



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Paul Essonne

Journaliste

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