Je viens apporter ma pierre à l’édifice du projet visant à porter une tenue africaine chaque vendredi, pour les femmes et les hommes, dans le but de valoriser nos valeurs culturelles.
L’idée est louable de la part du Président de la République, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, d’avoir pris cette décision en Conseil des Ministres. Nous la saluons.
Mais pour réussir ce projet, il faut revenir sur l’historique de notre pays sur plusieurs points clés.
*1. La question de la matière première : SOTEGA*
Dans les années 1970, l’État gabonais a créé la Société des Textiles du Gabon, SOTEGA, à Libreville. L’objectif était de produire du pagne « made in Gabon ». SOTEGA était un pilier. Les couturiers achetaient local. C’était l’âge d’or du « consommer gabonais ». Aujourd’hui disparue, sa remise en état est une urgence pour retrouver notre souveraineté textile.
*2. La richesse de notre patrimoine*
Il faut tenir compte des pagnes traditionnels de chaque ethnie : le pagne okoret chez les Kota et Obamba, le raphia naturel tissé chez les Punu, Fang et Mitsogho, pour ne citer que ceux-là. Le vêtement n’était pas « mode », il était statut, rite, protection. Chaque losange, chaque rayure parlait. Le « Style Mabinda », le « Style Bajag », le « Style Nze la Panthère » sont des héritages à préserver.
*3. La réalité du marché aujourd’hui*
Dans ce vaste projet culturel, il y a une très grande concurrence. Les PME gabonaises sont minoritaires. Nous ne sommes contre personne, mais il faut retenir que 80% des ateliers dans les quartiers sont encore détenus par des ressortissants étrangers.
Pourtant, les stylistes modélistes gabonais se battent depuis des années. Olga.O, Chouchou Lazare, Christ-on, Jessica Design, Angel Epouta, Alban Design, Leamono – Patiente Dabany –, et moi-même, Demongaryas, nous avons œuvré à valoriser la culture de notre pays. Ateliers de formation, séminaires, défilés, Festival International de la Mode Gabonaise, Libreville Fashion Week… Nous avons même participé au projet Proculture avec l’Union Européenne dans les années 2000.
Conséquence du manque de soutien à l’époque : beaucoup d’entre nous ont abandonné la mode et l’événementiel.
*L’HISTORIQUE EN 4 DATES*
1. *Avant 1960* : Raphia, okoret, peaux. Le vêtement est identité.
2. *1970-1980* : Naissance de SOTEGA. Les tailleurs deviennent stylistes. La robe gabonaise moderne naît.
3. *1990-2010* : Professionnalisation. Émergence de la scène gabonaise. Combat culturel sans soutien de l’État.
4. *2024-2026* : Décret « Vendredi africain ». Première demande massive créée par l’État.
*LES 3 BATAILLES À GAGNER MAINTENANT*
1. *Bataille de la matière* : Du raphia à SOTEGA à l’import. Retrouver la souveraineté textile.
2. *Bataille de la reconnaissance* : Du tailleur de quartier au styliste créateur. Nous l’avons gagnée dans les années 2000, mais elle reste fragile.
3. *Bataille du marché* : Qui va habiller les Gabonais ? Les 80% d’ateliers étrangers ou les créateurs locaux formés et légitimes ?
*MA DEMANDE AU GOUVERNEMENT*
À mon humble avis, le Gouvernement, à travers le Ministère de la Culture, doit tenir une rencontre d’une très grande envergure avec l’ensemble des acteurs de la mode au Gabon. Objectif : définir une feuille de route pour enfin valoriser les couturiers gabonais qui, pendant des années, ont travaillé dur pour cette idée.
Le « Vendredi africain » ne doit pas être un simple effet d’annonce. Ce doit être un levier économique pour ceux qui ont porté la mode gabonaise depuis 20 ans.
Nous sommes prêts à travailler. Convoquez-nous.
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