« Il y a des coupures d’électricité qui plongent une ville dans le noir. Et d’autres, plus graves, qui obligent à regarder en face des vérités que l’on préfère éviter. Celle annoncée le 18 mars 2026 par Karpowership fait partie de ces moments-là. Elle ne surprend pas ; elle confirme une situation déjà connue.
À peine cette menace, devenue virale sur les réseaux sociaux, avait-elle circulé qu’un démenti de la SEEG était publié, rapide, presque automatique. Une réaction de communication, sans effet sur la réalité. Car pendant que l’on corrige les mots, les délestages continuent. Ils ne sont pas une rumeur : ils sont devenus le quotidien des Gabonais.
Dès lors, la question n’est plus seulement technique. Elle devient simple : de qui se moque-t-on ?
Faire comme si la crise énergétique apparaissait en 2026 relève d’un oubli surprenant. Libreville portait déjà, en 2023, les traces d’un immense chantier resté inachevé : routes abîmées, rues ouvertes, quartiers perturbés.
Les travaux étaient visibles partout ; les résultats, eux, restent difficiles à trouver. Quant aux responsables d’hier, ils sont toujours en place, comme si rien ne s’était passé.
Ces travaux avaient pourtant un objectif clair. Il s’agissait de moderniser la ville, d’enfouir les installations électriques pour les rendre plus fiables, mais aussi d’améliorer l’accès à l’eau potable dans plusieurs quartiers. L’idée était simple : mieux organiser la ville pour mieux servir la population.
Mais entre la promesse et la réalité, l’écart est grand.
Car ces travaux, restés inachevés, ont laissé des routes dégradées et des tranchées abandonnées. Là où l’on attendait des améliorations, on trouve des difficultés. Pire encore, ces espaces laissés à l’abandon ont créé des situations inattendues : des personnes sans activité se mettent à combler les trous avec des moyens de fortune, puis demandent une petite pièce aux automobilistes pour les laisser passer.
Ainsi, ce qui devait être un investissement public structurant devient une charge supplémentaire pour les citoyens. L’absence d’organisation laisse place au système D. Et l’usager paie, une fois de plus.
Dans ce contexte, la promesse d’un réseau moderne s’est peu à peu effacée. Les infrastructures annoncées tardent à être livrées, et les améliorations attendues, que ce soit pour l’électricité ou pour l’eau, restent invisibles. Le progrès annoncé s’est transformé en difficulté quotidienne.
Dans le même temps, l’intervention d’acteurs extérieurs, présentée comme une solution moderne, n’a pas produit les résultats espérés. La réalité est pourtant simple : on ne peut pas gérer l’énergie d’un pays sans anticiper la croissance de la population, sans investir suffisamment et sans produire assez.
La situation actuelle n’est donc pas un accident. Elle vient de décisions anciennes, mal coordonnées et parfois mal assumées. Aujourd’hui, plusieurs acteurs interviennent, mais il devient difficile de savoir qui doit réellement répondre des problèmes. Pendant ce temps, les coupures continuent.
Plus inquiétant encore, certaines analyses parlent d’un système installé. Le recours aux bateaux turcs et aux groupes électrogènes ne servirait pas seulement à dépanner, mais aussi à faire fonctionner une activité rentable. Une économie basée sur le manque. En clair, l’obscurité pourrait rapporter.
Oui, dans ce système, la nuit a un prix.
Dans ce flou, même le coût de l’électricité devient difficile à comprendre. Les compteurs EDAN, censés être modernes, posent de nombreux problèmes : pannes, incompréhensions, factures contestées. Et du côté des responsables, les explications restent souvent peu claires.
Lorsque le chef de l’État demande des réponses, certains répondent avec des discours compliqués, comme si rendre les choses difficiles à comprendre pouvait éviter de dire la vérité.
Au-delà de ces problèmes visibles, une question plus importante se pose : celle de la souveraineté énergétique.
Comment un pays riche en ressources peut-il dépendre autant de solutions extérieures pour s’éclairer ? Comment accepter que l’énergie, essentielle au développement, ne soit pas totalement maîtrisée au niveau national ?
Le Gabon dispose pourtant d’atouts importants. Des sites comme les chutes de Fougamou offrent un potentiel hydroélectrique considérable, encore peu exploité. Une énergie propre, durable et accessible.
Alors pourquoi ne pas en faire une priorité ?
Parce que l’indépendance énergétique dérange. Elle réduit les dépendances et limite certains intérêts.
Pourtant, les avantages sont connus : une électricité plus stable, des coûts mieux maîtrisés, un soutien aux ménages et aux entreprises, et même la possibilité d’exporter de l’énergie. En résumé, une véritable autonomie.
Mais cela demande des décisions fortes. Une volonté claire. Du courage.
Le moment n’est plus aux démentis rapides ni aux promesses répétées. Il est temps d’agir, de clarifier les rôles et de mettre fin aux pratiques opaques. L’énergie doit devenir un levier de développement et de dignité nationale.
Car un pays qui ne contrôle pas sa lumière finit toujours par avancer dans l’ombre.
Et l’histoire ne pardonne pas les obscurités choisies. »
Clay Martial OBAME AKWE-Journaliste, Essayiste.
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