L’écrivain et journaliste gabonais Hasse Nziengui a présenté samedi à Libreville trois de ses ouvrages publiés entre 2010 et 2012, à l’occasion d’une rencontre littéraire organisée par les Éditions Ntsame. Intitulés Ohada, une histoire d’amour, Le Temps des passations et Bruits d’Afrique, ces livres, bien que parus il y a plus d’une décennie, résonnent étonnamment avec l’actualité politique gabonaise du 30 août 2023, date du coup d’État militaire. L’auteur y explore déjà les dynamiques de transition politique en Afrique et les aspirations profondes des peuples.
Dans Le Temps des passations, roman messianique de 222 pages préfacé par le professeur Steve Renombo, Hasse Nziengui imagine un scénario où un général proche du pouvoir accède à la tête du pays. Un récit qu’il juge aujourd’hui « prémonitoire » au regard de la prise de pouvoir par le général Brice Clotaire Oligui Nguema. À travers cette fiction, l’auteur s’interroge sur la nature du pouvoir, ses relais et la manière dont il se transmet dans les régimes africains.
Bruits d’Afrique, court essai de 87 pages préfacé par Dominique Douma, explore quant à lui le langage du changement, qu’il qualifie de « parole changementaire ». Hasse Nziengui y capte les signaux faibles des revendications populaires. Ohada, une histoire d’amour, présenté comme une fresque romantique mêlée à une critique institutionnelle, propose une lecture originale du droit des affaires africain à travers une fiction télévisée, sous la plume d’un écrivain engagé.
Au-delà de leur diversité formelle, ces trois ouvrages s’articulent autour d’une même idée-force : la « philosophie changementaire ». Pour l’auteur, le changement est un processus cyclique, porteur de ruptures mais aussi de continuités. En soutien à cette œuvre originale, le directeur général adjoint des Éditions Ntsame, Franck Anthony Evouna, a salué l’engagement de l’écrivain et réaffirmé la volonté de la maison d’édition d’accompagner les auteurs gabonais dans l’expression de leurs voix singulières.

