« Les princes de la pagaille et du cafouillage » reconnait Jo Dioumy Moubassango.

Je ne pensais pas un jour être saisi de nostalgie pour l’ancien président gabonais Omar BONGO, parce que, comme tout gabonais, je prenais pour acquis la sagesse au sommet de l’Etat et dans les arcanes du pouvoir, tellement il l’avait incarnée. 

J’ai longtemps hésité, j’ai longtemps espéré un retour de la raison pour nombre d’entre nous. Je me suis longtemps demandé, pourquoi certains aînés, qui jadis, avaient côtoyé l’ancien président, nous avaient constamment traité d’amateurs, soit publiquement ou derrière le rideau. La réponse est là, devant nos yeux : les princes de la pagaille et du cafouillage.

J’ai pensé avec sincérité et naïveté que les époques étaient différentes. Oui, les époques le sont mais il y a des valeurs qui traversent le temps, la sagesse en est une. Je pensais que l’exemple comptait mais visiblement je me suis trompé.

Ils sont sortis de partout, vêtus du costume de l’arrogance, avec une compréhension parcellaire de la société et des compétences politiques si légères qu’elles flottent tout le temps à la surface des questions qui comptent pour notre pays le Gabon.

Avant, il y avait des tabous que l’on ne transgressait pas, des lignes du vivre-ensemble et de la responsabilité politique que l’on ne franchissait pas. Omar Bongo l’avait compris et certains doivent comprendre aujourd’hui, qu’il n’y a de nouveau que ce que l’on a oublié.

Un pouvoir doit avoir une ligne directrice claire, qui ne varie pas en fonction de la direction du vent. Au nom de la conservation du pouvoir, ils se sont dispensés de tout. Des décisions surprenantes d’incohérence mais constantes de précarité intellectuelle. Par honnêteté, je devais au moins leur reconnaître cela.

Les princes du délitement permanent de notre pays, porteurs et promoteurs d’une vision rabougrie de la gouvernance économique et politique. Une ambition au départ si noble, désormais clouée au sol, les ailes brisées, incapable de prendre son envol depuis quelques années.

Toutes les conventions sociales jetées par terre, les codes de la société gabonaise méconnue. Le respect des aînés et de l’adversaire, l’élégance politique, l’autocritique,  l’esprit consensuel et l’épaisseur intellectuelle manquent à l’appel. Voilà où nous en sommes : vendre du vent au peuple. Quelqu’un a dit très justement ceci : A force de jouer avec le vent, on finit par se construire un destin de feuille morte.

Que de regrets !

Jo Dioumy Moubassango, Homme politique gabonais



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Paul Essonne

Journaliste

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