A dix-sept mois de la prochaine élection présidentielle, après un accident vasculaire cérébral du président de la République qui l’a énormément fragilisé et handicapé, une crise sanitaire sans précédent qui a laissé des dégâts considérables dans le quotidien des gabonais, après un projet de société ambitieux présenté en août 2016 qui a accouché d’un bilan risible pour ne pas dire ridicule, le remaniement gouvernemental qui vient d’être mis en place soulève légitimement de grandes inquiétudes.
Est-ce avec cette équipe que le pouvoir en place compte aller à la bataille électorale avec une population exaspérée et une opposition plus que déterminée? Il est certain que ce sera un bis repetita de 2016 mais en pire. Jean Ping, Guy Nzouba Ndama, Alexandre Barro Chambrier, Mike Jocktane et Paulette Missambo sont conscients que, plus que jamais, l’alternance est à portée de main. Ils n’auront qu’à mutualiser et à coaliser intelligemment leurs forces pour que cette fois-ci, le fruit visiblement mûr, soit proprement cueilli.
Pour ceux dans le pouvoir qui rêve de le conquérir, c’est maintenant qu’ils doivent marquer une nette rupture avec la gouvernance actuelle qui est un échec à plusieurs égards.
Jamais le Gabon n’a connu autant de transgressions. Qu’on soit dans la gestion des codes et des principes du pouvoir, dans le management de la ressource humaine ou encore dans les rapports avec les différents pays amis et voisins, les acteurs au sommet de l’État ont réussi à fédérer les frustrations, les amertumes et les désenchantements. La conséquence immédiate de cet état de fait est la volonté de mettre hors d’état de nuire toute cette équipe qui n’a offert qu’incompétence, injustice, ingratitude et colère.
Qui sont les membres du gouvernement et quels sont leurs états de service? C’est sur la base de cette unique question qu’on peut apprécier leurs différentes capacités à conserver un pouvoir totalement métastasé par la mal gouvernance et la corruption. Quelle est la légitimité des différents ministres chargés de faire la promotion d’un bilan quasi inexistant, d’un président sortant fortement affaibli par la maladie et d’un pouvoir en désaccord de fond avec la plupart de ses populations et ses divers partenaires?
Le maintien du couvre-feu comme voulu par le gouvernement fut une faute politique grave. Car, autant il a justifié de graves dérives financières révélées par le rapport d’enquête parlementaire sur la gestion du covid-19, autant il a empêché aux membres du gouvernement de faire du terrain pour préparer les échéances électorales à venir. Et voici qu’entre les attentes trop nombreuses des populations et la nécessité de vendre la candidature d’un président affaibli par la maladie, le temps est devenu trop court. Il sera impossible pour le pouvoir en place de rêver d’un grand soir électoral victorieux. Si déjà en 2016 la situation était plus que compliquée, il ne peut en être autrement en 2023 avec toutes les transgressions enregistrées.
Après deux mandats successifs de sept ans, de gros moyens financiers disponibles, des cadres compétents mais inexploités, des réalisations promises continuellement à l’état de maquette, des gabonais de plus en plus pauvres, des entreprises non payées, une diplomatie malade et une économie ruinée, est-ce avec des ministres qui n’ont aucune assise politique que certains pensent continuer leur imposture au sommet de l’État?
Pas si sûr. Ce d’autant plus que nul ne reconnaît Ali Bongo Ondimba dans tout ce qui se fait. La dernière carte qui restait à jouer avant les hostilités électorales était liée aux différents changements opérés, ici et ailleurs. Malheureusement, ils ont accouché d’une grande insatisfaction et les adversaires savent désormais sur quel pied danser pour sonner le tocsin. La cerise sur le gâteau est que la France ne soutiendra jamais une politique pro Commonwealth ou pro russe.
C’est dire que les dés sont jetés et le pouvoir en place n’aura qu’à consommer les conséquences de ses actes arrogants et irréfléchis multipliés durant le mandat. Et Laurent Fabius de dire « la fin d’un mandat est la période où vous revient en boomerang tous les actes posés ».
Prendre le pouvoir est une chose. Le gérer, bien ou mal, c’est autre chose. Mais le conserver, c’est encore tout autre chose. Ce n’est pas avec des ministres aux bras cassés qu’on s’accroche au pouvoir. Il a fallu des gaillards courageux et déterminés comme Frédéric Bongo Ondimba pour conserver le pouvoir dont jouissent abusivement certains.
D’ailleurs à ce sujet, ce vaillant colonel récemment sorti de l’école de guerre de Paris radié de la garde républicaine, ce fils d’Omar Bongo Ondimba chassé de son travail, était le seul qui a physiquement été atteint en 2016 pour avoir sauvé le pouvoir d’Ali Bongo qui le met aujourd’hui au chômage. Comment est-ce possible de telles transgressions?
Lequel des ministres des gouvernements successifs d’Ali Bongo Ondimba l’a fait ou l’aurait fait ou le fera ? Personne, car dans ce pays, bien heureusement nous nous connaissons. Les états de service des uns et des autres sont connus. Qui pourra se présenter devant cet ancien responsable des services Spéciaux et dire : j’ai fait ? Lui qui en sait tellement? A voir de tel comportement, John Edgar Hoover doit se retourner dans sa tombe quand Omar Bongo Ondimba fait sans aucun doute des tourniquet dans sa dernière demeure.
C’est honteux cette manière d’embrasser l’ingratitude. Une chose au moins reste rassurante, on en paie toujours le prix. Si aujourd’hui on en vient à chasser de son job le fils d’Omar Bongo Ondimba, après avoir empêché à Omar Denis Junior de prendre part aux obsèques de son père Fidèle Andjoua, c’est que le pouvoir peut également vivre en exil ou il peut désormais revenir à d’autres. Tout dans la vie est symbole, nous a enseigné les préceptes de la franc-maçonnerie. C’est dit. Ces ministres ne feront jamais ce qu’a fait Frédéric Bongo Ondimba pour conserver le pouvoir. C’est une vérité qui mérite d’être dite.
Par Télesphore Obame Ngomo
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