La question mérite d’être posée au regard des déclarations du Ministre actuel de l’Agriculture, Biendi Maganga Moussavou. Selon ce dernier, les objectifs que le pays s’est fixé dans ce secteur seront atteints dans deux ans. Des ambitions qui démontrent que le Ministre de l’Agriculture n’a pas une bonne maîtrise des problèmes de son département ministériel.
« La terre ne ment pas » a-t-on coutume dire. Les problèmes de l’agriculture ne peuvent se régler dans les salons feutrés, il faut aller à la rencontre des agriculteurs, pour comprendre les réalités du secteur. La majorité des milliards injectés par l’Etat dans le secteur agricole semblent n’avoir pas porté les fruits escomptés. Et pourtant, lors du démarrage desdits projets, l’engouement et la joie se lisaient sur les visages des coopératives. Plusieurs années après, ces projets sont soit rangé dans les tiroirs, soit tournent au ralentie.
En effet, les importations alimentaires coûtent près de 550 milliards FCFA par an au pays. Depuis que Biendi Maganga Moussavou est à la tête de ce département ministériel, le Gabon n’a toujours pas connu une tendance baissière des importations. Comment dans un tel contexte, le Gabon peut-il viser une autosuffisance alimentaire à l’horizon 2023 ? Les ambitions du gouvernement tel que prévu dans le plan d’accélération de la transformation du pays (2021-2023) piloté par le Premier Ministre, sont-elles réalisables ?
Autant d’interrogations qui devraient amener le Premier Ministre et son ministre de l’agriculture, à revoir leurs ambitions pour éviter de ternir l’image du pays.

