Vers une régularisation ferme du secteur des jeux de hasard

Le secteur des jeux de hasard au Gabon est dans le viseur du gouvernement. Dans le cadre de la 2ᵉ plénière de la Commission supérieure des jeux de hasard, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Hermann Immongault, a annoncé des mesures fermes pour assainir un secteur jugé incontrôlé et opaque. Il a accordé un délai de 72 heures aux opérateurs illégaux pour se mettre en conformité avec la législation en vigueur, sous peine de sanctions.

Cette initiative intervient face à une prolifération d’activités non régulées et à l’opacité des flux financiers générés par les jeux de hasard. Le ministre souhaite ainsi instaurer un cadre de transparence et de contrôle qui permettra à l’État de mieux appréhender les revenus et les impacts sociaux de ces jeux. Il a dénoncé l’absence de licences, la méconnaissance des chiffres d’affaires et des montants redistribués, autant d’éléments qui traduisent une dérive inquiétante du secteur.

Hermann Immongault a précisé que les opérateurs ont jusqu’à samedi pour transmettre au ministère tous les documents requis afin de régulariser leur situation. Une session extraordinaire de la Commission est prévue dimanche, pour statuer sur les cas de non-conformité et décider des sanctions à appliquer. Cette rigueur affichée par le gouvernement vise à rompre avec des années de laxisme et de dérives.

Par ailleurs, pour mieux structurer le secteur, les membres de la Commission ont recommandé la mise en place de solutions techniques innovantes. Il s’agit notamment de recourir à des systèmes d’intégrateurs et d’agrégateurs qui permettront une surveillance en temps réel de l’activité des opérateurs, assurant ainsi une meilleure traçabilité des flux et une fiscalisation plus juste.

Dans ce cadre, l’État gabonais a opté pour un partenariat public-privé avec la société eTech SAS, en collaboration avec l’entreprise canadienne St Média INC. Cette entité aura pour mission de garantir la transparence, la traçabilité et la contribution fiscale des opérateurs. Le gouvernement espère ainsi redonner au secteur des jeux de hasard un cadre légal, responsable et profitable à l’économie nationale.

Paul Essonne

Journaliste

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