EMEUTES A POG :
Crépin ́NGANGHA, envoyé spécial d’Africa N°1 dans la ville pétrolière aux mains des insurgés.
Il est 14h. Au sortir d’Africa midi que je viens d’animer, je suis prié de trouver un moyen pour me rendre à Port-Gentil en état de siège sous le commandement du Général Poncy. Un tour à mon domicile et me voilà à l’aéroport Leon Mba où règne un calme de cathédrale. Une heure passe puis débarque un groupe de personnes invitées à embarquer dans un avion de la garde présidentielle en partance pour Port-Gentil. Je reconnais Jean Karim Fall d’RFI. Il y a dans le groupe de vieux bearoudeurs de la presse hebdomadaire française : VSD…
D’Ekaranpongo, un ancien du journal l’Union m’a suivi et nous nous engoufrons dans l’avion. Le logo d’Africa N°1 bien visible. Arrivés à Port-Gentil, les français sont accueillis par l’armée française. Je cherche un taxi. Aucun. Une bonne volonté propose de m’avancer vers ELF. Non loin du domicile du Représentant provincial du Parti au pouvoir du PDG, M. Ogoula en fuite, chassé par un de ses fils en colère.
Soudain, une voix m’interpelle :
– C’est pas Crépin ?
– C’est moi !
– Mathieu, ton ancien condisciple à Capo,
Je me dirige vers sa villa. Mathieu est cadre à Elf au sein du département juridique. Il m’informe de la présence de Maitre Agondjo à son étude. Je décide de m’y rendre. Arrivé sur place, trois septuagénaires armés de vieux calibres m’accueillent sans ménagement.
– Qui vous a dit que Maître Agondjo est ici ?
– C’est pas vous le journaliste de la Chaîne 1 ? Encore un espion des Bongo !
– Ici, je viens au nom d’Africa N°1.
– Ah ! Pourquoi Mbourou n’est pas venu nous répéter ce qu’il a dit hier ?
– Entrez ici et attendez le chef.
– Je peux téléphoner ?
– Aucune réaction.
Dans cette propriété transformée en camp de retranchement, des véhicules flambant neufs, des armes prises dans les armureries de la ville. La bière coule à Flow. On se serait cru en Nouvelle Calédonie pendant la période sombre, avec Aldo Machoro. Puis arrive le fameux chef, redouté. Il avance vers moi et m’embrasse : » Crépin ! Dieu est grand ! Plus tard tu pourras raconter à mes enfants. Mes jours sont comptés. Ils vont me tuer ».
– je vais t’enregistrer
– je sais que ça ne passera pas.
– si, c’était la condition pour que j’accepte de couvrir les émeutes à Port-Gentil.
» Je voudrais que toute l’Afrique, le monde entier sache que ce mouvement n’est pas dirigé contre les gens du Haut Ogooué qui vivent ici depuis des lustres. On est étonné de voir plusieurs personnes quitter la région. Un Gabonais à été lâchement assassiné. C’est contre cet acte odieux que Port-Gentil s’est soulevé.
Après cette interview express de Guy Nang Bekalé, je quitte les lieux, en quête du premier téléphone pour me signaler au desk. Contrairement à ses inquiétudes Guy Nang Bekale sera suivi dans le monde entier. Dans amis à lui feront des rapports d’écoute sur ses propos sur Africa N°1.
Crépin Ngangha

