Session Criminelle 2025:15 ans de prison pour le meurtre de sa meilleure amie.

Incarcérée depuis 2021 à la suite d’un mandat de dépôt pour coups mortels sur sa meilleure amie Elodie Maroundou âgée de 30 ans, Elise Ikapi, âgée de 34 ans, a été jugée à l’audience de la session criminelle du jeudi 24 juillet 2025.
Constante sur ses déclarations aussi bien en enquête préliminaire, devant le juge d’instruction que lors des débats à l’audience, Elise a reconnu les faits qui se sont déroulés dans un quartier du deuxième arrondissement de Port-Gentil, en avril 2021.
Le jour du drame, Elise a déclaré qu’elle allait retrouver Elodie qui presque, la harcelait d’appels au téléphone. En chemin, elle reçoit un appel de sa grande sœur lui signalant une publication Facebook affirmant, photo à l’appui, qu’elle serait lesbienne. Sa sœur lui précise que l’auteur du post serait issu de son entourage proche.
En effet, après avoir été déçue par son premier amour, le père de son enfant, Elise avait décidé de changer son orientation sexuelle, sans toutefois souhaiter que sa famille en soit informée.
C’est donc à juste titre que l’appel de sa grande sœur la bouleversa. Son secret avait été révélé.
Mais par qui ?
Le premier suspect, pour Elise, s’en tenant aux indications de son aînée, fut son amie la plus proche, Elodie.
En furie, Elise poursuit son chemin vers Elodie qu’elle absente à son domicile. Celle-ci se trouvait dans un bar. Elise s’y rend. « J’étais déjà en colère parce que je savais que c’est la seule personne qui marchait avec moi », a confié Élise à la cour.
Arrivée sur les lieux, Elise demande des explications à sa copine. Mais elle n’obtient aucune réponse. Élise déclare, ensuite, avoir appelé son amie trois fois, mais celle-ci ne répondit pas. Face à cette attitude d’Élodie qui attisait la colère de son amie, Élise réagit brutalement en lui donnant trois gifles sur la tête. Sur ce, Élodie s’est levée, elle s’est saisie d’une bouteille qu’elle a cassée. C’est là ou j’ai compris que c’était sérieux. Moi je me suis armée d’un couteau qui se trouvait sur une table à côté”.
Une rixe éclate entre les deux amies. Selon Elise, Elodie, qui avait déjà consommé de l’alcool, l’avait blessé au doigt et à la hanche. En réaction, Élise assène trois coups de couteau à Elodie dont l’un dans le dos, un deuxième sur le flanc droit et un troisième sur le cou.
 « Je ne suis pas partie avec l’intention de la tuer. Je me suis seulement défendue. Parce que c’était elle ou moi », a déclaré Élise qui semble avoir finalement réalisé que l’auteur de la publication pourrait être son ex petite amie.
A ce qu’il semble, cette dernière jalousait l’amitié d’Elodie et d’Elise, pensant qu’Elise l’avait laissée tomber pour Élodie. Hors, a assuré Élise à la barre, il n’y avait rien d’autre qu’une amitié entre Élodie et elle.
Présente sur le lieu du drame, l’ex compagne d’Elise voyant qu’Elise avait poignardé Élodie avait lancé : « c’est bon, tu l’as poignardé, c’est ce que je voulais ».
Pour le ministère public, la maîtrise martiale d’Élise, ceinture noire de judo et les points vitaux visés démontrent une volonté de l’accusé de tuer. L’avocat général a donc demandé la requalification des coups mortels en assassinat et requis 20 ans de réclusion sans aucune circonstance atténuante.
Si l’avocat de la défense a plaidé coupable pour les coups mortels, elle a sollicité, outre des circonstances atténuantes pour sa cliente, l’indulgence de la Cour pour cette dernière, « étreinte par le remords ». 
Poursuivant, la magistrate a indiqué que l’assassinat ne saurait être retenu comme crime.  D’autant, a-t-elle soutenu, que ni la préméditation ni le guet-apens, deux éléments qui caractérisent cette infraction, ne sont nullement établis.
Sortie du secret de délibération la Cour a déclaré :  statuant publiquement, contradictoirement à la majorité des voix, en matière criminelle et en dernier ressort, requalifie le crime de coups mortels initialement retenu à l’encontre d’Elise Ikapi, en celui de meurtre, et l’en déclare coupable. Lui reconnaît toutefois des circonstances atténuantes. En répression, l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle dont 5 assortis du sursis. Et à 500.000f d’amende”.
Source OMI.

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