Le procès en cours à Libreville, impliquant Sylvie Marie Valentin Bongo, Noureddine Bongo Valentin et leurs coaccusés, marque un tournant dans l’histoire du Gabon. Cependant, l’absence d’Ali Bongo Ondimba, le chef de l’État sous lequel les actes ont été commis, soulève des questions sur la portée réelle de cette justice.
La composition du banc des accusés révèle un déséquilibre, avec des figures proches du pouvoir, mais pas les acteurs systémiques qui ont permis la captation publique. « La justice a choisi de couper les têtes visibles sans toucher les organes vitaux du système », souligne un observateur.
La justice gabonaise semble naviguer entre la volonté de réformer la gouvernance et la prudence de ne pas déstabiliser l’appareil administratif. Le recours à la disjonction et le rejet de l’exception d’incompétence montrent les limites de cette justice.
« Le peuple gabonais attend plus qu’un spectacle judiciaire, il attend une véritable justice qui s’attaque aux racines du système politico-financier », déclare un avocat.
Le procès est un début, mais il ne suffit pas. La restitution des biens saisis, la transparence sur les avoirs recouvrés et la refondation morale sont attendues. Le Gabon a besoin d’une justice qui ne soit pas l’arme du pouvoir, mais le pouvoir du droit.
La question est de savoir si la justice gabonaise aura le courage d’aller jusqu’au bout de sa logique et de juger le système, pas seulement ses visages. Le peuple gabonais attend une réponse.
Photo: Ls Echos du Congo.

