Le Conseil constitutionnel ivoirien a publié, le 8 septembre 2025, la liste définitive des candidats pour l’élection présidentielle prévue le 25 octobre. Cinq personnalités ont été retenues, parmi lesquelles le président sortant Alassane Ouattara, candidat à un quatrième mandat, Simone Ehivet, ancienne Première dame, Henriette Lagou, Jean-Louis Billon et Ahoua Don Mello. La présence de deux femmes sur cette liste marque une évolution notable dans le paysage politique ivoirien.
En revanche, deux candidatures majeures ont été rejetées : celles de l’ancien président Laurent Gbagbo et de l’ancien ministre Tidjane Thiam. Selon la présidente du Conseil constitutionnel, Chantal Camara, leurs dossiers ont été jugés irrecevables car les deux opposants ne remplissaient pas les conditions exigées, notamment l’inscription régulière sur la liste électorale. Gbagbo, radié depuis 2020 à la suite d’une condamnation judiciaire, souffrait également d’un déficit de 20 000 parrainages. Quant à Thiam, il a été radié en juin 2025, après une décision de justice remettant en cause sa nationalité au moment de son enrôlement.
Ces exclusions bouleversent le rapport de force politique, puisqu’elles privent les deux principaux partis d’opposition, le PDCI et le PPA-CI, de leurs figures de proue. Jean-Louis Billon et Ahoua Don Mello, qui s’étaient présentés comme alternatives, ont rapidement été désavoués par leurs formations, accentuant le climat d’incertitude. Pour ces partis, l’absence de recours possible après la décision du Conseil constitutionnel constitue un revers stratégique lourd de conséquences à quelques semaines du scrutin.
Comme en 2020, plusieurs candidatures ont également été recalées pour des motifs liés aux parrainages invalides ou incomplets. L’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, tout comme les indépendants Antoine Tiémoko Assalé et Vincent Toh Bi Irié, a vu son dossier rejeté pour défaut de parrainages suffisants. Ce processus rigoureux, qui a réduit une soixantaine de dossiers initiaux à seulement cinq retenus, ouvre désormais la voie à une campagne électorale sous haute tension, marquée par l’absence des principales figures historiques de l’opposition.

