Janvier Mavioga (chemise blanche), Nathan Mounguengui (tenue africaine), Graig Mangouka Kebilianou (chemise rose) et Alex Omanda Nkolo (chemise marron), tous de nationalité gabonaise, ont été acquittés lors de l’audience criminelle du mardi 12 août 2025, après avoir passé trois années en détention préventive à la prison centrale de Port-Gentil.
Les quatre jeunes hommes étaient poursuivis pour vol avec usage d’une arme apparente.
Les faits :
Dans la nuit du 31 juillet 2022, vers 3 heures du matin, les mis en cause rentraient d’un mariage coutumier organisé par un oncle. Arrivés au quartier Trois Filaos, dans le deuxième arrondissement, Janvier, Nathan et Graig, pris d’une fringale, s’arrêtent chez un vendeur de café pour acheter à manger, tandis qu’Alex patiente à l’extérieur. Une fois leur repas terminé, ils constatent l’absence d’Alex et pensent qu’il les a devancés à la maison.
Dans le même espace de temps, Salla Diambo Serge Dimitri, sorti de son domicile pour se rendre à son lieu de travail, au nouveau port, se fait agresser par quatre individus. Pendant que trois qui sont encagoulés étaient lui faisaient les poches, et avaient réussi à s’emparer de la somme de 259.000f et d’un téléphone portable de marque iphone 7+, un autre, visage découvert, le tenait en respect avec une arme blanche, selon les dires de la victime. Les braqueurs prennent ensuite la fuite.
Immédiatement, Dimitri, aidé de ses frères qu’il avait appelé au secours, se met à la recherche de ses agresseurs. Non loin du lieu du drame, ils tombent sur Alex que Dimitri identifié comme étant l’un de ses bourreaux qui, couteau en main, faisait le guet. Mais, curieusement, Alex n’a ni argent, ni arme blanche sur lui.
Conduit à la police judiciaire, Alex admettra, en enquête préliminaire, avoir pris part au braquage et qu’il avait agi avec ses frères. Interpellés par la suite, ses coaccusés reconnaîtront les faits, à leur tour.
Cependant, devant le magistrat instructeur, Alex maintient sa version tandis que ses frères changent de récit. Ils affirment qu’après s’être arrêtés chez un commerçant pour acheter du pain, Alex avait disparu, et qu’ils étaient rentrés chez eux en pensant qu’il les avait devancés. Finalement, Alex finit par corroborer cette nouvelle version.
Intérrogés, les accusés expliquent ce revirement par les pressions et actes de torture qu’ils auraient subis pendant leur détention préventive à la police judiciaire.
Prenant ses réquisitions, l’avocat général a requis la culpabilité des accusés, leur condamnation à 10 ans de réclusion criminelle et le paiement d’une amende de 1 million de francs, chacun.
L’avocat a plaidé pour l’acquittement pur et simple des trois accusés. Pour lui, ces derniers n’ont pas pu inventer l’existence du point de vente où ils disent s’être arrêtés. L’avocat a regretté que le parquet n’ait pas pu effectuer une descente sur les lieux pour investiguer sur la présence des prévenus, à cet endroit, cette nuit-là. Que mieux, la simple reconnaissance des faits, en l’absence de tout autre élément, ne saurait suffire, en droit, pour asseoir la culpabilité d’un accusé.
Il faut dire, par ailleurs, que les versions contradictoires du plaignant absent à l’audience, ajouté à son manque de constance sur la nature de l’arme blanche, ont profité aux prévenus.
En fait, dans les procès verbaux d’enquêtes préliminaires, la victime avait déclaré que l’un des accusés faisait le guet pendant que les autres le fouillait. Hors, pendant l’enquête, Dimitri a indiqué que les trois accusés le braquaient pendant que le quatrième le tenait en respect, à l’aide d’une arme blanche. Que l’arme blanche était, premièrement, un couteau, ensuite, un bâton, et finalement, une machette. Des incohérences qui ont ouvert la porte au doute sur les circonstances de la commission des faits.
Pour Alex, la défense a sollicité, à titre principal, l’acquittement au bénéfice du doute. Et, subsidiairement, l’admission au sursis, en cas de condamnation.
La cour, rendant son verdict, a déclaré : “statuant publiquement, contradictoirement, à la majorité des voix, en matière criminelle et en dernier ressort. Déclare les accusés non coupables du crime de vol avec usage d’arme apparente. Prononce leur acquittement. Par conséquent, donne mainlevée du mandat de dépôt décerné à leur encontre le 10 août 2022. Laisse les dépens à la charge du trésor public”.
Source OMI.

