Trente ans de réclusion criminelle, c’est la peine que doit purger David Mbourou, un Gabonais âgé de 64 ans, accusé d’avoir violé et agressé sexuellement ses petites-filles, les enfants de la fille de son défunt frère.
Les faits remontent à septembre 2021. MCC, âgée de 12 ans et ses petites sœurs respectivement âgées de 8 et 6 ans, au moment des faits, s’en vont au village Opaka, dans le canton Anéngué, département de Bendjé en Ogooué-Maritime, passer un sejour avec leur maman. Malheureusement, cette dernière tombe malade et decide de retourner à Port-Gentil pour se faire soigner.
C’est alors qu’elle va apprendre le décès de sa mère, à Libreville et décide de s’y rendre pour les obsèques. Elle laissa ses enfants au village. Sa belle-sœur ira les récupérer et les garder avec elle dans son village, à Otombi. Après avoir passé quelques jours avec les petites, elle les confia finalement à leur grand père, David Mbourou.
La maison du grand-père était structurée de telle sorte que les enfants dormaient dans leur chambre et le grand père dans la sienne.
Pourtant, un soir, David Mbourou demanda à ses petites filles de le rejoindre dans sa chambre. Inoccement, les enfants s’exécutent. Elles étaient loin d’imaginer ce qui les attendaient.
Le grand-père profita de l’occasion pour abuser sexuellement de MCC à répétition, et d’introduire ses doigts dans les sexes des deux autres fillettes. Son le témoignage de MCC a déclaré qu’elles dormaient souvent habillées. Mais que leur grand-père, au milieu de la nuit, les enlevaient leurs vêtements et leur faisait « les choses d’impoli ». Selon MCC, son grand-père, en plus de leur avoir formellement interdit d’en parler à quiconque, les ballonait la bouche avec sa main lorsqu’elles tentaient de crier.
En février 2022, l’oncle maternel des filles décide de récupérer les enfants afin de les ramener au village Opaka. Curieusement, David Mbourou et son fils s’y opposa farouchement. Au point qu’une rixe éclata entre David Mbourou, son fils et l’oncle des enfants qui réussi tout de même à ramener les filles au village Opaka. De nouveau auprès de sa maman, MCC se mit à révéler les abus dont elle avait été victime avec ses petites sœurs.
Choquée, la maman des fillettes à porté plainte à la brigade de gendarmerie de l’Océan, après avoir fait examiner ses enfants par un gynécologue. Selon les résultats des examens, MCC a perdu son hymen. Ses petites sœurs, heureusement, ont leurs appareils génitaux intacts.
En enquête préliminaire et devant le juge d’instruction, Mbourou a reconnu avoir entretenu, plusieurs fois, des rapports sexuels avec MCC. Pendant l’instruction, par contre, il a fallu à la Cour, agacée, beaucoup d’efforts et de patience pour obtenir les aveux d’un prévenu peu cooperatif. Car, « ignorant », celui-ci estime qu’avoir eu des rapports sexuels avec sa petite-fille, « consentante » selon lui, ne signifie pas un viol.
En tout cas, pour l’avocat général représentant le ministère public, les faits sus-indiqués sont on ne peut plus clairement établis. Aussi a t-il requis la culpabilité du prévenu pour les faits de viol sur mineure de moins de 15 ans, et sa condamnation, sans aucune circonstance atténuante, ni sursis, à 30 ans de réclusion criminelle.
Lyn-Joël Gandul, commis aux intérêts de l’accusé a plaidé pour que des circonstances atténuantes soient reconnus à son client du fait, non seulement, de son état de repenti, mais aussi, de son état d’ignorant(villageois) pour avoir passé le clair de sa vie au village.
S’il a néanmoins plaidé coupable pour le viol sur mineure de moins de 18 ans et l’inceste aggravé, il a requis la non-culpabilité de David Mbourou pour les faits d’agression sexuel. « Rien ne permet d’asseoir la matérialité du crime d’abus sexuel » reproché à son client, a t-il martelé.
Au moment de rendre son verdict, la Cour a déclaré statuant publiquement, contradictoirement, à la majorité des voix, en matière criminelle et en dernier ressort, déclare David Mbourou non coupable du crime d’agression sexuelle aggravé. Par conséquent prononce son acquittement au bénéfice du doute. En revanche , le déclare coupable du crime de viol sur mineure de moins de 18 ans et d’inceste aggravé. En répression, le condamne à 30 ans de réclusion criminelle dont 8 assortis du sursis et à un million de francs CFA d’amende
David Mbourou sortira de prison à 88 ans, si Dieu le veut.
Source OMI.

