À Essassa, dans le 2ᵉ arrondissement de Ntoum, le jour des élections législatives du 1er tour s’était transformé en une scène de consternation et d’incompréhension. Le candidat de l’Union Nationale – Komo Moandah, Leonnel Nzé Biyoghe, a vu sa participation au scrutin compromise par un incident pour le moins troublant. Ses bulletins de vote n’ont jamais été livrés dans les bureaux de vote à l’heure prévue.
Selon l’équipe de campagne du candidat, toutes les formalités administratives avaient été respectées et la candidature dûment validée par les autorités compétentes. Pourtant, au moment d’ouvrir le scrutin, l’absence totale de bulletins à son nom a semé la stupeur parmi ses partisans et observateurs sur le terrain. « C’est un droit fondamental qui a été bafoué, celui de pouvoir concourir à armes égales », confie un proche collaborateur du candidat, encore visiblement ému.
Face à cette situation inédite, la tension est rapidement montée. Leonnel Nzé Biyoghe, submergé par l’émotion, avait alors posé un geste de colère symbolique. Il avait saisi et jeté hors du bureau au sol, les bulletins de vote de tous les autres candidats, marquant ainsi sa protestation et mettant de fait, fin au déroulement du scrutin dans ce centre de vote.
Un acte que ses soutiens qualifient de « réaction humaine, certes regrettable, mais compréhensible au regard de l’injustice subie ». Les autorités, quant à elles, y ont vu une atteinte à l’ordre public et au bon déroulement du processus électoral.
Dans un communiqué publié ce 17 octobre, l’équipe de campagne confirme que le candidat Leonnel Nzé Biyoghe a été déféré à la Prison centrale de Libreville dans le cadre de cette affaire. Ses partisans en appellent désormais à la clémence et à la justice du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin que « toute la lumière soit faite » et que leur candidat bénéficie « d’un traitement équitable, humain et juste ».
Au-delà du cas personnel de Nzé Biyoghe, cet épisode relance le débat sur la transparence et la logistique électorale au Gabon, dans un contexte où de nombreux citoyens espèrent voir renaître la confiance dans le processus démocratique. « Ce n’est pas seulement une histoire de bulletins manquants, c’est une histoire de foi dans nos institutions », a glissé un électeur à Essassa sur Facebook.
À l’heure où les regards se tournent vers Libreville, une question demeure :
la colère d’un homme peut-elle éclipser la faille d’un système ?

