Le gouvernement montre la voie à suivre pour contenir le coronavirus.

La pandémie de coronavirus a bouleversé l’hyper-communication habituelle du gouvernement en situation de crise depuis la déclaration du premier cas au Gabon le 12 mars 2020. Cette fois, le gouvernement a fait le choix de se retrancher au moins en partie derrière les experts médicaux : un choix stratégique judicieux. Le Conseil Présidentiel autour du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba allait dans le même sens : montrer que le pouvoir politique s’appuie sur les experts pour évaluer la gravité de la maladie et définir les mesures à prendre.

Cela n’empêche pas les membres du gouvernement, et notamment le ministre délégué auprès du ministre de l’Energie Christian Menvie Obame, d’affirmer leur présence et leur détermination par des visites de terrain, des déclarations dans les médias et surtout la mise en scène de réunions gouvernementales. Avec un double objectif : rassurer et protéger. Et pour cela montré que le gouvernement remplit le rôle qui est le sien, organiser la lutte contre le COVID-19.

Les gestes-barrières habituels dans de telles situations : se saluer à distance, se laver les mains à l’eau et au savon pendant 30 secondes ou avec une solution hydroalcoolique, éternuer dans son coude, se couvrir la bouche et le nez en cas d’éternuement, ont bien été entendus et respectés par les membres du gouvernement, et par là, le ministre délégué auprès du ministre de l’Energie Christian Menvie Obame.

Le gouvernement va devoir arbitrer entre mesures généralisées et application locale au cas par cas. Les premières peuvent sans doute être plus faciles à expliquer dans un premier temps, mais plus difficiles à mettre en œuvre dans la durée. L’adaptation locale va être essentielle et le gouvernement devra s’appuyer sur ses échelons déconcentrés et sur les corps intermédiaires, notamment les élus locaux.

Malgré les quelques difficultés mentionnées ci-dessus, le gouvernement a jusqu’à présent globalement réussi sa communication. Mais entre ceux qui lui reprocheront toujours de ne pas en faire assez pour des raisons économiques et ceux qui souligneront qu’il en fait trop pour des raisons politiques, entre éviter de dramatiser, pour ne pas engendrer les phénomènes de psychose voire de panique, et prendre l’ensemble des mesures indispensables, sans arrêter totalement le pays et compromettre son redressement économique, l’exécutif est sur un terrain glissant. Qu’il s’appuie sur les experts médicaux, sur ses relais locaux ou sur les corps intermédiaires, il portera seul la responsabilité d’un éventuel échec.

Serge Kevin Biyoghe

Rédacteur en Chef, Journaliste-Ecrivain, Sociétaire de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédias), membre de la SGDL (Société des Gens De Lettres), membre du SFCC (Syndicat Français de la Critique de Cinéma), membre de l'UDEG (Union Des Écrivains Gabonais).

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