Le retour du Café Numérique, relancé sous la direction de la SING (Société d’Incubation du Numérique Gabonais), suscite une controverse importante dans l’écosystème numérique gabonais. Initialement lancé en 2018 par l’activiste numérique Sylvère Boussamba via son ONG, Ogooué Labs, cet événement a joué un rôle clé dans l’émergence de nombreuses startups innovantes et a constitué un espace de rencontre et de partage pour les entrepreneurs tech.
L’absence prolongée de l’événement, suivie de sa réapparition sous une nouvelle administration, soulève des questions éthiques et de reconnaissance. Les acteurs du secteur s’interrogent sur le fait que la SING ait pu profiter d’un concept déjà établi sans en créditer les véritables initiateurs. Cette situation est d’autant plus troublante que Yannick Ebibie, le directeur de la SING, a été témoin des débuts du Café Numérique et de sa dynamique entrepreneuriale.
Les accusations de « vol conceptuel » ne sont pas à prendre à la légère, surtout dans un contexte où la confiance et la collaboration sont essentielles pour le développement d’un écosystème prospère. La manière dont la SING a relancé cet événement pourrait être perçue comme une tentative de capitaliser sur le succès passé sans respecter les contributions des pionniers.
Cette situation soulève également des questions sur le rôle d’un incubateur national. Est-il là pour soutenir et accompagner les initiatives existantes ou pour s’approprier les projets des autres afin de gagner en visibilité ? La méfiance croissante des entrepreneurs envers la SING et leur désintérêt pour cette version du Café Numérique témoignent d’une rupture de confiance qui pourrait nuire à l’ensemble de l’écosystème.
La résurrection du Café Numérique, bien qu’elle puisse sembler positive en apparence, doit être examinée de manière critique. Le succès durable d’un écosystème d’innovation repose sur la reconnaissance des contributions de ses membres et sur la construction de relations de confiance. Ignorer le passé et les pionniers pourrait mettre en péril l’avenir de l’innovation numérique au Gabon.

