En RD-Congo, la commission mixte chargée d’enquêter sur les violations et atteintes aux droits de l’homme lors des manifestations des catholiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, a rendu public ses travaux samedi 10 mars.
Lundi 12 mars, le comité laïc de coordination, le collectif organisateur de ces marches a exprimé sa satisfaction.
Les manifestations pacifiques organisées par le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif de laïcs de l’Église catholique de la RD-Congo, les 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, ont donné lieu à de nombreuses violations des droits de l’homme, selon un rapport publié samedi 10 mars. Les 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, le Comité laïc de coordination a organisé des marches de protestation contre le régime de Joseph Kabila. Par ces manifestations, cette association de l’Église catholique congolaise entendait exprimer sa désapprobation des violations de l’accord de sortie de crise de la Saint-Sylvestre signé en 2016 entre le pouvoir et l’opposition, à la fin du dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila. Obtenu sous l’égide de l’Église catholique, cet accord prévoyait l’organisation d’élections avant le 31 décembre 2017. La commission chargée de l’enquête sur les marches du CLC est composée de représentants des ministères des droits de l’homme et de la justice de la RD-Congo, du bureau des Nations unies en RD-Congo et de différentes associations de la société civile congolaise. Elle a pointé du doigt des violations aux libertés d’association et de manifestation, à la liberté d’expression, au droit à la vie et à liberté de culte.
Selon le rapport, 14 personnes ont été tuées lors des deux manifestations – sept pour chaque manifestation – la plupart, par balles. La commission a aussi recensé 40 cas de personnes arrêtées, souvent de façon arbitraire, détenues, torturées soumises à des « traitements cruels, inhumains et dégradants ».
Le rapport cosigné par la ministre congolaise des droits humains, Marie Ange Mushobekwa et le coordonnateur de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), Georges Kapiamba, a par ailleurs révélé que pendant ces deux journées de manifestation, la liberté de culte a été bafouée.
« Plusieurs paroisses ont été prises d’assaut dès les premières heures par des policiers, militaires et agents de sécurité lourdement armés, allant jusqu’à empêcher à certains chrétiens d’accéder dans les églises », ont écrit les signataires qui ont précisé que des paroisses ont été « carrément scellées par les agents de la police sans aucune décision judiciaire ».
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